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Zarif assure que l’Iran continuera sa collaboration économique avec la Syrie malgré la loi César

Le ministre iranien a déclaré vouloir poursuivre sa coopération économique avec Damas et ce en dépit de l'entrée en vigueur de la loi César. Il a dénoncé un interventionnisme américain qui engendre selon lui des «ravages sur le peuple syrien».

Dans un entretien accordé à Sputnik le 16 juin, le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif a assuré que Téhéran continuerait de travailler au renforcement de sa coopération économique avec Damas, et ce malgré l’entrée en vigueur le lendemain de la loi César. «Nous avons de solides relations économiques avec la Syrie […] Nous et nos amis travaillerons pour développer la situation économique dans le pays et renforcer la coopération économique entre l'Iran et la Syrie», a-t-il souligné auprès de nos confrères.

Promulgué en décembre 2019 par Donald Trump, le texte prévoit la mise en place de mesures de coercition économique de la part des Etats-Unis afin de priver l’Etat syrien de ses ressources. Car au-delà de peser sur Damas, le Caesar Syria Civilian Protection Act of 2019 permettra aux Américains d’exercer des pressions sur les pays amis de la Syrie. Parmi eux la Russie, le Liban ou encore l’Iran. Le texte prévoit également le gel de l’aide à la reconstruction du pays

«Nous sommes préoccupés par certains développements politiques et économiques en Syrie. Les tentatives des Etats-Unis d'imposer de nouvelles pressions, des pressions économiques […] sur la Syrie font des ravages sur le peuple syrien. Nous devons nous assurer que les Etats-Unis, [qui] ont tout fait pour déstabiliser notre région et la Syrie, n'atteindront pas leurs objectifs», a ajouté le chef de la diplomatie iranienne avant sa rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Comme le rapporte l'AFP, le texte prévoit également des «mesures spéciales» contre la Banque centrale syrienne si elle se livre à des opérations de blanchiment de fonds.

De son côté, la Syrie avait souligné début mai qu’elle «condamn[ait] fermement le renforcement des mesures coercitives imposées par l'administration américaine à travers la loi César», dénonçant une forme de «terrorisme économique».

Le leader du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a également réagi le 16 juin à ces mesures américaines, apportant son soutien inconditionnel à la Syrie : «Les alliés de la Syrie, qui se sont tenus à ses côtés durant la guerre [...] n'abandonneront pas la Syrie face à la guerre économique et n'autoriseront pas sa chute.»

Depuis le début de la guerre, il y a neuf ans, le Syrie est meurtrie sur le plan économique, avec une explosion de l’inflation et une monnaie de plus en plus faible. Dans le camps de Damas, le Liban connaît lui aussi des difficultés économiques principalement liées à sa monnaie et l’Iran est déjà durement touchée par les sanctions américaines.