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Venezuela: les Etats-Unis «se livrent de manière régulière à des provocations», selon Sergueï Lavrov

Actuellement en tournée en Amérique latine, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a dénoncé le 6 février depuis le Mexique les «provocations régulières» des Etats-Unis envers le Venezuela et son président Nicolas Maduro.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a vivement critiqué les positions des Etats-Unis envers le Venezuela lors de sa première visite au Mexique en dix ans, le 6 février. Actuellement en tournée en Amérique latine, le ministre russe des affaires étrangères a notamment dénoncé – depuis Mexico et en compagnie de son homologue mexicain Marcelo Ebrard – le fait que les Américains «menacent d’utiliser toutes les options se trouvant sur la table et […] se livrent de manière régulière à des provocations».

La veille, Juan Guaido – autoproclamé président par intérim du Venezuela depuis janvier 2019 et principal opposant à Nicolas Maduro – avait été reçu par le président américain Donald Trump, qui lui a à nouveau assuré son soutien. Bien que reconnu par une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis, l’Union européenne et le groupe de Lima, Juan Guaido ne fait pas l’unanimité dans son propre pays où il a été déchu de son poste de président de l’Assemblée nationale, battu le 5 janvier par Eduardo Parra.

La Russie et le Mexique considèrent que le Venezuela doit sortir de la crise politique et sociale par une négociation nationale

Moscou reconnaît de son côté Nicolas Maduro comme le chef d’Etat du Venezuela, élu démocratiquement en mai 2018, à l’instar de la Chine et la Turquie, et n'a jamais reconnu Juan Guaido comme président par interim. Une rencontre est par ailleurs prévue entre Sergueï Lavrov et le successeur de Hugo Chavez, le 7 février.

En outre, le diplomate russe a estimé que les appels au dialogue lancés par le groupe de Lima et par Washington n'étaient «pas une médiation» mais une tentative de forcer un changement de gouvernement. A contrario, Sergueï Lavrov a préconisé : «Le Venezuela doit trouver une solution à ses problèmes à travers un dialogue complet, entre toutes les forces importantes du pays.»

Le président du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador (dit AMLO), qui fait pourtant partie du groupe de Lima, a rejoint les positions russes en refusant à plusieurs occasions d'appuyer certaines déclarations du groupe. En 2019 par exemple, Mexico a refusé de se joindre à l'appel lancé à Nicolas Maduro par le groupe de Lima de transférer le pouvoir à l'Assemblée nationale. C'est par Cuba que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a choisi d'entamer sa tournée prévue en Amérique latine. Dès le soir de son arrivée, le 5 février, il s'est recueilli sur la stèle mémorielle de Fidel Castro à Santiago de Cuba en compagnie de son homologue Bruno Rodriguez. Sergueï Lavrov s’est ensuite entretenu avec Bruno Rodriguez, quelques heures après l'annonce par Donald Trump dans son discours sur l'état de l'Union devant le congrès américain de la poursuite de sa politique hostile envers Cuba, le Venezuela et le Nicaragua. Commentant ces déclarations, le chef de la diplomatie russe a estimé que «les tentatives des Etats-Unis de subordonner l'Amérique latine à ses intérêts géopolitiques visent à renverser les gouvernements qui dérangent à Cuba, au Venezuela et au Nicaragua».

Après être passé par Cuba et par le Mexique, Sergueï Lavrov a prévu d'aller au Venezuela pour rencontrer Nicolas Maduro, la vice-présidente Delcy Rodriguez et le ministre des Affaires étrangères Jorge Arreaza.

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