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Moscou annonce la mort de plusieurs experts militaires russes et turcs en Syrie

Le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé, ce 6 février, la mort de plusieurs experts militaires russes et turcs en Syrie. Ces derniers avaient pour mission de faire respecter le cessez-le-feu dans la zone de désescalade d'Idleb.

Ce 6 février, dans un communiqué cité par l’agence de presse Tass, le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé la mort en Syrie de plusieurs experts militaires russes et turcs au cours du mois de janvier. Selon le ministère, les experts militaires russes et turcs tentaient de faire respecter le cessez-le-feu dans la zone de désescalade dans la province d'Idleb (nord-ouest) conformément à l’accord russo-turc de septembre 2018.

En réponse, «les terroristes n'ont pas réduit leurs activités mais au contraire ont accru leurs attaques» dans cette zone. «Le nombre de morts et de blessés parmi les troupes syriennes et les civils en dehors de la zone de désescalade se compte en centaines», ajoute le communiqué.

Dans le même temps, lors d'un point presse, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a affirmé que les attaques terroristes perpétrées à ce jour contre l’armée syrienne et les infrastructures russes étaient fomentées depuis une zone contrôlée par la Turquie. Face à cette nouvelle détérioration du climat sécuritaire dans la région, Dmitri Peskov n’a pas écarté la tenue d'une nouvelle rencontre entre Vladimir Poutine et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan : «Nous n’excluons pas une rencontre [entre les deux chefs d’Etat] autour de la question d’Idleb. Comme vous le savez, quand ils le jugent nécessaires messieurs Poutine et Erdogan prennent rapidement la décision d’organiser une rencontre.»

La Turquie menace d'une nouvelle offensive 

Cette annonce des autorités russes intervient alors que l’escalade des tensions se poursuit au nord-ouest de la Syrie. Le 3 février, le ministère turc de la Défense avait, en effet, affirmé dans un communiqué que ses forces armées avaient subi des tirs d'artillerie nourris des soldats du gouvernement syrien aux environs d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, faisant quatre morts et neuf blessés, dont un gravement, selon Ankara. 

Des accusations démenties rapidement par Damas : «La Syrie déplore l’insistance du président du régime turc Erdogan sur ses mensonges, prétendant que ses forces sont entrées au nord d’Alep conformément à l’accord d’Adana pour la lutte contre le terrorisme», pouvait-on lire dans un communiqué diffusé par l'agence de presse syrienne Sana. Quelques jours après l’incident, le président turc avait menacé de recourir à la force pour déloger des soldats syriens accusés d'occuper des postes d'observations édifiés par Ankara, faisant resurgir à nouveau le risque d’un enlisement du conflit syrien.

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