International

Tensions au Moyen-Orient : Donald Trump souffle le chaud et le froid

Les Etats-Unis continuent d'entretenir des relations extrêmement tendues avec l'Iran, mais aussi avec l'Irak, plus d'une semaine après l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani dans une frappe américaine à Bagdad, le 3 janvier.

Lundi 13 janvier

Dans une déclaration conjointe, les chefs d'Etat et de gouvernement de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni «réitèr[ent] [leur] disposition à poursuivre [leur] engagement en faveur de la désescalade et de la stabilité dans la région» moyen-orientale.

Dans cette optique, les trois nations occidentales «exhort[ent] l'Iran à annuler toutes les mesures incompatibles avec l'accord» et l’appellent à «s'abstenir de toute nouvelle action violente ou de prolifération».

Dimanche 12 janvier

Huit roquettes se sont abattues le 12 janvier sur une base aérienne irakienne abritant des soldats américains au nord de Bagdad, ont indiqué des sources militaires irakiennes à l'AFP.

Quatre soldats irakiens ont été blessés, selon l'armée irakienne.

Les sources militaires irakiennes ont assuré qu'aucun soldat américain n'avait été touché. La quasi-totalité des troupes américaines ont déjà quitté cette base située à Balad (au nord de Bagdad).

Le chef des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du pouvoir iranien, a déclaré le 12 janvier au Parlement que l'objectif des frappes du 8 janvier contre des cibles américaines en Irak n'était pas de «tuer des soldats ennemis», selon une vidéo diffusée par la télévision publique iranienne.

«Nous voulions [montrer] que nous pouvons frapper n'importe quel point choisi par nous», a déclaré le général de division Hossein Salami, à propos de ces frappes menées en représailles à l'assassinat le 3 janvier du général Qassem Soleimani par une frappe américaine à Bagdad.

Le président américain Donald Trump a de nouveau mis en garde, le 12 janvier, l'Iran contre toute répression de manifestations. «NE TUEZ PAS VOS MANIFESTANTS», a-t-il tweeté, au lendemain d'un premier message qui exhortait Téhéran à ne pas commettre «un autre massacre de manifestants pacifiques».

Pour autant, et malgré les tensions extrêmes entre Washington et Téhéran depuis l'assassinat du général iranien Soleimani, le chef d'Etat américain est prêt à discuter avec l'Iran «sans condition préalable», selon le secrétaire à la Défense des Etats-Unis Mark Esper, cité par l'AFP. Les Etats-Unis sont prêts à évoquer avec la République islamique «une nouvelle voie, une série de mesures qui feraient de l'Iran un pays plus normal», a expliqué le chef du Pentagone sur la chaîne CBS.

«Au brave peuple iranien, qui souffre depuis longtemps : je suis à vos côtés depuis le début de ma présidence, et mon administration continuera à être à vos côtés. Nous suivons de près vos manifestations, et votre courage nous inspire», a tweeté Donald Trump ce 12 janvier, en farsi et en anglais.

Des manifestations anti-gouvernementales rassemblant plusieurs milliers de personnes ont en effet eu lieu en Iran la veille, afin de réclamer justice après que Téhéran a reconnu avoir abattu, par erreur, un avion civil ukrainien, en pleine crise avec Washington. 

La police a fait usage des gaz lacrymogènes dans les rues de la capitale.

Les tensions restent extrêmes entre Washington et Téhéran.

L'Iran a tiré, dans la nuit du 7 au 8 janvier, des missiles sur des bases utilisées par des soldats américains en Irak, en représailles à l'assassinat du général iranien Soleimani dans une frappe américaine à Bagdad quelques jours plus tôt, le 3 janvier. 

Le Pentagone a accusé le Qassem Soleimani de préparer «activement des plans pour attaquer des diplomates et des militaires américains en Irak et à travers la région». De plus, les Etats-Unis ont attribué au général iranien la prise d'assaut de l'ambassade américaine à Bagdad par des manifestants pro-Iran. Les manifestants en question dénonçaient les frappes américaines meurtrières menées le 29 décembre, en représailles à la mort d'un sous-traitant américain, qui avaient visé plusieurs sites du mouvement armé pro-Iran Kataëb Hezbollah (KH) en Irak. 

Les factions armées pro-Iran en Irak ont promis une riposte aux frappes américaines, qui se poursuivra «jusqu'au départ du dernier soldat» américain. 

Dans ce contexte de tensions et de menaces, Téhéran a reconnu, le 11 janvier, avoir abattu par erreur, deux jours plus tôt, un avion de ligne de la compagnie aérienne Ukraine International Airlines, faisant 176 morts, majoritairement des Iraniens et des Canadiens.