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La Russie met en garde contre toute ingérence étrangère en Algérie

Sergueï Lavrov a reçu ce 19 mars à Moscou son homologue algérien Ramtane Lamamra. Abordant la situation politique en Algérie, le chef de la diplomatie russe a souligné le refus de Moscou de «toute ingérence dans les affaires internes de l’Algérie».

Le vice-Premier ministre et chef de la diplomatie algérienne Ramtane Lamamra a entamé depuis le 18 mars une tournée internationale visant à rassurer les partenaires étrangers de l’Algérie, quant à la viabilité du processus engagé pour le pouvoir pour sortir de la crise politique actuelle. Depuis mi-févier, le pays est le théâtre d’importantes manifestations contre Abdelaziz Bouteflika. Si le chef de l’Etat algérien a renoncé à briguer un cinquième mandat sous la pression de la rue, la décision de reporter l’élection présidentielle, prolongeant de facto son mandat actuel, n’a pas apaisé la colère des protestataires.

«Le peuple algérien doit décider lui-même de son avenir et de son destin»

Après l’Italie où il a rencontré le président du Conseil des ministres d'Italie Giuseppe Conte, Ramtane Lamamra s’est rendu ce 19 mars en Russie pour s’entretenir avec son homologue russe Sergueï Lavrov. Au cours d’une conférence de presse conjointe, ce dernier a notamment rappelé l’importance du respect de la souveraineté algérienne : «Le peuple algérien doit décider lui-même de son avenir et de son destin sur la base de sa constitution et dans le respect du droit international», a-t-il déclaré avant de souligner que la Russie refusait «toute ingérence dans les affaires internes de l’Algérie».

La semaine dernière, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova avait annoncé que la Russie considérait que les derniers développements en Algérie relevaient d'une «affaire purement intérieure».

«Une commission électorale indépendante va être en charge de la présidentielle»

De son côté, Ramtane Lamamra a assuré que le président algérien respecterait ses engagements pour permettre une issue rapide à la crise actuelle : «L'élection présidentielle se tiendra dans de nouvelles conditions : pour la première fois dans l'histoire du pays, pourront y prendre part tous ceux qui le souhaitent», a-t-il assuré.

«Une commission électorale indépendante va être en charge de la présidentielle et des personnalités de l’opposition feront parties du prochain gouvernement», a-t-il poursuivi avant de garantir que «la prochaine constitution refléter[ait] la réalité du consensus national pour un avenir radieux». Ces annonces du vice-Premier ministre algérien avaient déjà été formulées le 14 mars lors d’une conférence de presse tenue conjointement avec le Premier ministre Nourredine Bedoui. Elles avaient alors été immédiatement rejetées par la majorité des partis d’opposition et la rue.

Ce 19 mars à Alger, des étudiants, des enseignants ou encore des infirmiers ont battu le pavé de plusieurs villes du pays pour exprimer une nouvelle fois leur opposition à cette feuille de route. Le 25 mars, soit le cinquième vendredi consécutif, une grande marche est prévue pour demander le départ d’Abdelaziz Bouteflika à l’expiration théorique de son mandat, le 28 avril.

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