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Macron prône une Europe «plus forte» pour empêcher le monde de «glisser vers le chaos»

Le président français a prôné ce 18 novembre au Bundestag une Union européenne «plus forte, plus souveraine», lors d'un discours pour la journée de commémoration des victimes civiles et militaires des guerres et tyrannies.

«L'Allemagne et la France ont su recoudre l'Europe [...] mais il faut bien le dire, notre gestion des frontières, notre défense commune, la juste régulation de l'espace numérique, [...] nos lois jusqu'ici, l'ont à peine effleuré, et notre Union les aborde encore avec la prudence du débutant», a déclaré le président de la République française, Emmanuel Macron, lors d'un discours ce 18 novembre à la chambre basse du Parlement allemand, pour la journée de commémoration des victimes civiles et militaires des guerres et tyrannies, dite «Jour du Souvenir». Il s'agit d'une première pour un président français depuis Jacques Chirac en juin 2000.

L'Europe et en son sein le couple franco-allemand, se trouvent investis de cette obligation de ne pas laisser le monde glisser vers le chaos

«L'Europe, et en son sein le couple franco-allemand, se trouvent investis de cette obligation de ne pas laisser le monde glisser vers le chaos et de l'accompagner sur le chemin de la paix», a martelé le locataire de l'Elysée devant les députés allemands, avant d'ajouter : «C'est pour cela que l'Europe doit être plus forte, plus souveraine».

«Cette nouvelle responsabilité franco-allemande consiste à doter l'Europe des outils de sa souveraineté», a encore dit le président français, en évoquant notamment la nécessité de construire une défense commune. Pour le président de la République, chaque Etat membre de l'Union européenne devra mettre en commun «sa capacité de décision, sa politique étrangère, migratoire ou de développement, une part croissante de son budget et même des ressources fiscales». Le chef de l'exécutif a insisté sur le besoin de faire de l'euro «une monnaie internationale dotée d'un budget».

Emmanuel Macron s'entretient, à l'issue de son discours, avec la chancelière allemande Angela Merkel. 

Affaiblis à l'intérieur, Merkel et Macron affichent leur unité

Angela Merkel et Emmanuel Macron comptent afficher ce 18 novembre à Berlin un front uni à six mois des élections européennes, malgré leurs divergences sur le fond, au moment où tous deux sont affaiblis par des contestations sur le plan intérieur.

Le chef de l'Etat français a participé en fin de matinée à une rencontre avec des jeunes sur le thème de la paix.

Le président français et la chancelière allemande avaient déjà multiplié il y a une semaine, lors des cérémonies du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale en France, les marques de complicité et de cohésion. 

Le déplacement à Berlin d'Emmanuel Macron parachève cette séquence, qui intervient dans un contexte politique intérieur difficile pour les deux dirigeants. Angela Merkel, critiquée pour sa politique migratoire, a été récemment contrainte d'amorcer le début de son retrait politique, tandis qu'Emmanuel Macron voit sa popularité en France chuter et fait face au mouvement de contestation contre la hausse des prix du carburants des «gilets jaunes».

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