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Ankara : les relations russo-turques sont trop fortes pour pouvoir être rompues par Macron

En évoquant les frappes occidentales en Syrie, Emmanuel Macron a assuré ce 15 avril que l'Occident avait «séparé les Russes des Turcs» sur ce dossier. Le lendemain, la Turquie a fait savoir qu'elle ne prenait pas parti «pour qui que ce soit».

«La politique de la Turquie en Syrie n'est pas d'être avec ou contre qui que ce soit. Notre politique est claire, il s'agit d'être du côté du droit et de ce qui est juste», a expliqué le porte-parole du gouvernement turc Bekir Bozdag, dans des déclarations retransmises par les télévisions turques depuis Doha, le 16 avril.

Nos relations ne sont pas faibles à tel point que le président français puisse les rompre

Bekir Bozdag était interrogé au sujet de déclarations du président français, qui a affirmé lors de son interview du 15 avril que les frappes en Syrie menées la veille par Paris, Washington et Londres, en réponse à une attaque chimique présumée imputée par l'Occident au gouvernement syrien, avaient «séparé» la Turquie de la Russie, qui coordonnent étroitement leurs efforts sur le dossier syrien.

Plus tard, le 16 avril, le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a déclaré : «Nous pourrons penser différemment [avec la Russie] mais nos relations ne sont pas faibles à tel point que le président français puisse les rompre.»

Une réponse «appropriée» aux «attaques inhumaines», avait estimé la Turquie

Bekir Bozdag a en outre souligné que la Turquie était opposée «aux soutiens apportés au régime» par des pays comme la Russie, mais aussi «aux soutiens apportés aux organisation terroristes», citant notamment la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), appuyée par Washington et d'autres pays occidentaux dans le cadre de la lutte contre les djihadistes du groupe Etat islamique.

«Ceux qui défendent ce qui est juste peuvent avoir leurs divergences mais les principes de la Turquie sont clairs», a continué le porte-parole.

Lors de son interview par Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin, Emannuel Macron avait assuré : «Par ces frappes et cette intervention, nous avons séparé sur ce sujet, les Russes des Turcs [...] les Turcs ont condamné les frappes chimiques et ont soutenu l'opération que nous avons conduite.»

L'Elysée avait en outre souligné le 14 avril qu'Emmanuel Macron souhaitait «intensifier» dans les prochains jours la «concertation» avec la Turquie en vue de trouver une «solution politique inclusive en Syrie». Le président français s'était entretenu le même jour au téléphone avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan et l'avait «remercié» pour les déclarations turques de soutien aux frappes occidentales en Syrie.

Le président turc, dont le pays soutient des groupes rebelles qui cherchent à renverser le président syrien Bachar al-Assad, avait salué ces frappes contres des cibles des autorités syriennes, estimant qu'il s'agissait d'une réponse «appropriée» aux «attaques inhumaines» menées selon lui par Damas.

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