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«Les sanctions ne sont pas une fin en soi» : en Russie, Charles Michel prône le dialogue

Au cours d'une visite officielle en Russie, le Premier ministre belge s’est entretenu avec son homologue russe Dmitri Medvedev. Les sanctions européennes prises contre Moscou ont été notamment au centre des discussions.

L'Union européenne aurait décidé de privilégier le statu quo au sujet des sanctions prises par ses membres à l’encontre de la Russie, d'après le Premier ministre belge, Charles Michel, qui rencontrait son homologue russe, Dimitri Medvedev, le 30 janvier près de Moscou. Si le premier a assuré en conférence de presse que l'UE avait décidé «de ne pas soutenir le renforcement des sanctions» contre la Russie, il n’a pourtant pas évoqué leur suppression.

«Les sanctions ne sont pas une fin en soi»

Charles Michel a en outre appelé à l’ouverture du dialogue entre Moscou et Bruxelles, «seule manière de gérer les différends». «Les sanctions ne sont pas une fin en soi, elles doivent s’accompagner d’une volonté d’ouvrir le dialogue sur nos intérêts stratégiques, comme les questions économiques et de sécurité», a-t-il souligné, cité par le journal Le Soir.

Au cœur des divergences figure notamment la mise en œuvre des accords de Minsk. Charles Michel a ainsi déclaré à la RTBF : «Je plaide pour la mise en œuvre des accords de Minsk. C'est le cadre qui doit permettre d'alléger les sanctions si des progrès sont réalisés. Ce n'est pas le cas pour l'instant. C'est aussi le message que je vais indiquer : mettre en œuvre les accords de Minsk pour permettre d'alléger les sanctions, ce serait bien pour tout le monde, pour l'Ukraine, pour la Russie, pour l'Union européenne.»

Le Premier ministre belge n'a pas évoqué les derniers développements de la situation alors que Kiev a approuvé le 18 janvier une loi permettant à l’armée ukrainienne de prendre la direction des opérations dans les zones territoriales concernées par le conflit et qui relevaient jusqu'alors des services de sécurité. Moscou avait dénoncé cette décision comme contraire aux accords de paix signés à Minsk en 2015.

De son côté, Dmitri Medvedev a insisté sur l’importance de cette rencontre : «Nous n’avons pas eu l’occasion de nous entretenir depuis longtemps. La dernière visite officielle russe en Belgique a eu lieu en 2010 et le dernier déplacement d’un Premier ministre belge s’est tenu en 2011.» Avant de conclure : «Entre-temps, de nombreux événements ont eu lieu, positifs comme négatifs. Je suis néanmoins très heureux de vous rencontrer pour aborder avec vous différents dossiers, dont celui de nos relations bilatérales.»

Charles Michel doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine le 31 janvier.