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Enquête sur Clinton : «Avec le recul, je prendrais la même décision», assure le directeur du FBI

Lors de l’audition au Sénat, le chef du FBI a défendu sa décision de rouvrir l'enquête sur Hillary Clinton à quelques jours de la présidentielle américaine, assurant que la dissimulation de nouvelles lettres aurait pu être «catastrophique».

«J'ai pendant toute ma carrière suivi la tradition selon laquelle, si vous pouvez éviter toute action qui pourrait avoir un impact lors d'une campagne électorale, vous l'évitez. […] L'idée que nous ayons pu avoir un impact sur l'élection me rend malade, mais, honnêtement, elle n'aurait pas changé cette décision», a déclaré le chef du FBI, James Comey le 3 mai, lors de l’audition au Sénat américain consacrée à l’enquête sur les emails de Hillary Clinton.

Fermée fin juillet 2016, l’enquête avait été rouverte le 28 octobre, à moins de deux semaines du scrutin, la police fédérale ayant déclaré avoir découvert de nouveaux messages de l'ancienne secrétaire d'Etat sur l'ordinateur de l’ancien membre du Congrès Anthony Weiner, le mari de Huma Abedin, proche conseillère d’Hillary Clinton. Selon le FBI, Anthony Weiner était accusé d’avoir envoyé des images sexuellement explicites à une mineure. Mais, lors de l'analyse de ses courriers, les agents du FBI ont découvert plusieurs e-mails «qui semblaient pertinents pour l’enquête» sur Hillary Clinton.

Pour les démocrates, la défaite de l’ancienne secrétaire d’Etat lors de la présidentielle américaine est liée à la réouverture de cette affaire. Ils ne cessent de répéter qu’Hillary Clinton aurait pu gagner si les élections avaient eu lieu le 27 octobre 2016.

Pourtant, James Comey a mis en avant qu’il s’était trouvé face à dilemme : dissimuler cette découverte jusqu'après l'élection du 8 novembre ou en informer les parlementaires. «Parler n'était vraiment pas une bonne chose. Il y avait une élection 11 jours plus tard. Mais une dissimulation aurait été catastrophique», a-t-il expliqué au Sénat.

La veille de cette audition, Hillary Clinton a livré son interprétation de sa défaite face à Donald Trump dans une interview à CNN. Elle a accusé le directeur du FBI James Comey, Vladimir Poutine et WikiLeaks de lui avoir volé une victoire quasi-certaine.

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«Quand vous regardez mon adversaire et ses déclarations lors de sa campagne, tout cela est assez coordonné avec les objectifs d'un leader dont je tairai le nom», a-t-elle déclaré, sans aller jusqu'à directement accuser Donald Trump et Vladimir Poutine de collusion.

Ces accusations n’ont néanmoins jamais été étayées par la moindre preuve et ont été plusieurs fois démenties par le gouvernement russe et l’administration de Donald Trump. WikiLeaks, qui avait rendu public le contenu de milliers de courriers électroniques de la direction du parti démocrate, a aussi catégoriquement démenti avoir obtenu ces documents à l'aide de la Russie.

«La Russie est la plus grande menace qu'un pays représente sur la Terre»

Lors de l’audition, James Comey s'en a également pris avec virulence à Moscou, en estimant que la Russie représentait «la plus grande menace qu'un pays représent[ait] sur Terre, du fait de ses intentions et de ses capacités».

Quelques heures plus tard, le représentant officiel de la Maison Blanche, Sean Spicer, a déclaré que l’administration Trump n’avait rien à voir avec les propos du chef du FBI. «Nous faisons confiance au FBI, qui fournit des informations sur toutes les menaces auxquelles les Etats-Unis sont confrontées. Nous ne sommes néanmoins pas en possession de preuves selon lesquelles les déclarations de James Comey seraient fondées», a ainsi affirmé Sean Spicer.

«Le président a déjà clarifié qu’il considérait la Corée du Nord, avec ses armes nucléaires potentielles, comme une menace pour les citoyens des Etats-Unis et leurs alliés», a-t-il conclu.

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