International

Hongrie : durant l’examen de leur demande d'asile, les migrants seront maintenus dans des centres

Stimulé par l'élection de Donald Trump, le gouvernement hongrois a annoncé vouloir présenter une liste de mesures à Bruxelles afin de protéger les frontières de l'Europe, en particulier la détention obligatoire des demandeurs d'asile.

«Aucun migrant – même ceux qui ont déjà déposé leur demande d'asile – ne sera en mesure de se déplacer librement [en Hongrie] avant qu'une décision de justice ne lui ait accordé le droit d'asile, le statut de réfugié ou autre chose qui lui permette de se mouvoir en toute liberté dans le pays», a prévenu le porte-parole du gouvernement hongrois Zoltan Kovacs, selon la presse britannique, lors d'une conférence à Londres, le 7 février.

Selon le haut responsable hongrois, l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis contribue à un «changement d'humeur en Europe», qui renforce la légitimité des partisans d'une ligne dure sur la question des migrants, portée notamment par le Premier ministre hongrois Viktor Orban.

Lire aussi : Le Premier ministre hongrois appelle Bruxelles à changer après l’attentat de Berlin

Un nouveau clash Orban/UE en perspective ?

Zoltan Kovacs n'ignore pas que le projet hongrois visant les demandeurs d'asile ne sera pas du goût de Bruxelles. Pour autant, il rappelle que les règles de l'Union européenne (UE) en matière de répartition des migrants (le fameux système de quotas par pays) ne sont de toute manière pas respectées, les étrangers qui entrent clandestinement en Europe pouvant se déplacer sans entrave sur l'ensemble du continent. «Si nous maintenons le régime existant, nous ne serons pas en mesure de contrôler ce qu'il se passe aux frontières et à l'intérieur de l'Europe», a martelé le représentant du gouvernement hongrois.

Le haut responsable a également tenu à préciser que les centres dans lesquels les demandeurs d'asile seraient placés ne seront pas à proprement parler des «centres de détention», puisque les migrants auront toujours la possibilité de retourner dans leur pays de départ, s'ils le souhaitent.

La politique migratoire hongroise est déjà un sujet de tensions entre Budapest et Bruxelles : la Hongrie refuse en effet de reconnaître la politique de quotas de migrants européenne, et a érigé une barrière à sa frontière avec la Serbie, contre l'avis des institutions européennes.

Lire aussi : Hongrie : Orban défie les ONG européennes et préconise l'emprisonnement des migrants illégaux