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Ces sondages qui vous ont menti

Ce n'est pas la première fois qu'ils n'ont rien vu venir. Les sondages qui prédisaient de manière presque unanime l’échec de Donald Trump ont été largement désavoués par les urnes. L’occasion pour RT France de revenir sur leurs plus gros «échecs».

Les élections présidentielles américaines (2016)

Le candidat républicain, plus connu pour ses milliards que pour ses orientations politiques avant la campagne présidentielle américaine, est en passe de l’emporter face à l’ancienne secrétaire d’Etat et ex-première dame, Hillary Clinton.

Des mois durant, les sondages prédisaient que la victoire irait à sa rivale, estimant qu’il ne dépasserait pas les 40%, d'après l'institut PPP (Public Policy Polling). Après le premier débat entre les deux candidats, en septembre, 62% des sondés avaient donné l'avantage à la démocrate. A l’issue du deuxième round, en octobre, selon l’enquête de CNN/ORC, 57% des personnes interrogées avaient jugé que l'ancienne secrétaire d'Etat avait remporté son duel face au candidat républicain.

Une autre enquête, réalisée par YouGov en octobre dernier, donnait aussi la victoire à Hillary Clinton, même si YouGov prédisait des résultats plus serrés : 47% des Américains ayant regardé le débat estimaient que la démocrate l'avait emporté, alors que Trump avait les faveurs de 42% du public.

A la veille des élections, selon le modèle statistique du Huffington Post américain qui intègre les sondages menés dans chacun des Etats du pays, la probabilité d'une victoire de Hillary Clinton était de 98,3% contre 1,4% pour Donald Trump.

Les statistiques du site Five Thirty Eight, très populaire dans le milieu des prédictions américaines, donnaient quant à elles Hillary Clinton gagnante à 71,4%.

Enfin, pour Real Clear Politics, 44,9% de ses interrogés indiquaient vouloir voter pour Hillary Clinton et 42,7% pour Donald Trump. 

Le référendum du Brexit (2016)

51,9%. C’est la proportion de Britanniques qui, contre toute attente, a voté en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, selon les résultats officiels publié le matin du 24 juin.

Et pourtant, le 23 juin, à peine quelques heures avant le vote, l’institut Ipsos Mori publiait un dernier sondage faisant état d’une défaite du Brexit à 48%, contre 52% de partisans du maintien (marge d'erreur de 2,46%). Soit l’inverse du résultat final.

La veille, l’heure était également à l’excès d’optimisme en faveur du camp du «Remain». En effet, la société britannique ComRes chiffrait le camp du «Leave» à seulement 46% contre 54% pour celui du «Remain» (marge d'erreur de 3,17%). L'institut le plus réputé du Royaume, YouGov, parlait lui d’une défaite de justesse du Brexit à 49% contre 51% (marge d'erreur de 1,6%).

Les élections générales britanniques (2015)

Une erreur d'appréciation qui rappelle celle survenue un an plus tôt. A l'époque, le patron de YouGov Stephan Shakespeare ne savait où se mettre : «Excusez-nous pour notre mauvaise performance. Nous avons besoin d'en comprendre la raison.» Alors que les premiers résultats tombaient, le prestigieux sondeur n’avait, pas plus que les autres, vu arriver l’écrasante victoire de David Cameron.

Les sondeurs devraient se sonder entre eux pour voir ce qui n’a pas marché

Il faut dire que les instituts de sondages britanniques prévoyaient le scrutin le plus serré de ces 40 dernières années. Résultat ? Une majorité absolue pour les conservateurs de Cameron avec 331 sièges contre 232 à leurs adversaires travaillistes. De quoi faire dire à Boris Johnson, le maire de Londres, que «les sondeurs devraient se sonder entre eux pour voir ce qui n’a pas marché».

Lire aussi : La victoire des Conservateurs éclipsée par le triomphe des indépendantistes écossais

Les législatives turques (2015)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan devait trembler. Les sondeurs voyaient plusieurs partis lui poser problème. Le Parti Républicain du Peuple en premier lieu. Il n’en a rien été. Sa formation de l’AKP a écrasé ce scrutin en empochant pratiquement la moitié des voix. Loin devant les 40,5% que lui donnait le sondeur turc Sonar.

Les législatives israéliennes (2015)

Nous étions peut-être à l’aube d’un tremblement de terre. Le controversé Premier ministre Benjamin Netanyahou était susceptible de mordre la poussière. Ses adversaires de l’Union sioniste, dirigés par Isaac Herzog, étaient donnés au coude à coude voir devant le Likoud du Premier ministre. Certains instituts parlaient même de trois à quatre sièges d’avance. Pourtant, «Bibi» se voit finalement triompher avec 23,3% des voix et cinq sièges de plus que ses rivaux.

Les élections fédérales canadiennes (2004)

Les instituts de sondage ne se fourvoient pas qu’en Europe. Outre-Atlantique, plus précisément au Canada, ils ont aussi connu leur lot d’échecs. Le PLC du Premier ministre Paul Martin est donné à égalité ou en tête de seulement un petit point par la majorité des sondeurs. La bataille s’annonce dès lors rude contre ses principaux adversaires conservateurs emmenés par l'ex-Premier ministre Stephen Harper.

Le résultat final sonne comme un camouflet pour les as de la prédiction. L’écart est de 7,1 points en faveur des libéraux de Paul Martin. Pas vraiment serré comme scrutin…

Les élections présidentielles françaises (2002)

Alors que règne la chaleur de la fin du printemps, la plupart des terrasses de café sont, comme lors de toute présidentielle, le lieu de débats enflammés. Beaucoup se demandent qui de Jacques Chirac, le président en place, ou de Lionel Jospin, Premier ministre, prendra le fauteuil de l’Elysée. Il faut dire que chez les sondeurs, l’hypothèse d’un duel final entre les deux hommes s’est largement imposée.

Mais voilà qu’au soir du premier tour, une vague de stupeur déferle sur le pays. Le visage de Jean-Marie Le Pen, le président du Front national, se place à côté de celui de Jacques Chirac sur les écrans de télévisions. Le «patriarche du clan Le Pen» récolte 16,86% des voix devant Lionel Jospin avec 16,18%. On connaît la suite. Jacques Chirac sera largement réélu mais l’accession du leader frontiste au deuxième tour de l’élection présidentielle restera comme l’une des plus grandes surprises de l’histoire de la cinquième République. Concernant l'erreur des sondages, Jean-Marc Lech, coprésident d'Ipsos à l'époque, déclarait : «Il faut parler d'échec, et ça ne sert à rien de le nier. Un sondage, c'est une prévision, et, en l'occurrence, la nôtre s'est montrée fausse pour deux candidats sur seize.»