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Marine Le Pen sur le non de l'Islande à l'UE : «L'adhésion à l'Union européenne n'est pas l'horizon naturel de toute démocratie européenne»

Le non à l'UE recueille 52,8% des voix en Islande, selon les résultats provisoires. Marine Le Pen salue un vote qui, à ses yeux, consacre le droit des peuples à préserver leur souveraineté. Pour Bruxelles, l'issue du référendum pourrait compliquer une stratégie d'élargissement dans laquelle Reykjavik aurait dû jouer un rôle particulier à terme.

« En rejetant par référendum la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, le peuple islandais a rappelé une évidence : l'adhésion à l'Union européenne n'est pas l'horizon naturel de toute démocratie européenne », a écrit la candidate à la présidentielle française, Marine Le Pen, sur X, réagissant aux résultats provisoires du scrutin organisé en Islande.

Elle a estimé que ce vote adressait un message clair sur la souveraineté des États européens. Selon elle, les peuples doivent conserver la possibilité de choisir eux-mêmes leur avenir, leurs institutions et la manière dont ils entendent défendre leurs intérêts nationaux. « Au moment où certains poussent pour davantage de fédéralisme et de transfert de souveraineté à la commission européenne, ce vote rappelle qu'une autre Europe est possible, une Europe des nations libres, souveraines et coopérant volontairement sur les sujets d'intérêt commun », a-t-elle fait savoir.

Les résultats définitifs du référendum n'ont pas encore été annoncés. D'après les résultats préliminaires rapportés par le diffuseur national RUV, 52,8 % des électeurs se sont prononcés contre l'adhésion à l'Union européenne.

Pendant la campagne, les partisans de l'entrée dans l'UE ont notamment soutenu que l'intégration à la zone euro permettrait de réduire une inflation particulièrement élevée. Le camp du non a cependant convaincu davantage d'électeurs en affirmant que l'adhésion risquerait d'affaiblir la souveraineté nationale et de porter préjudice aux entreprises ainsi qu'au secteur de la pêche.

Le résultat islandais pourrait également contrarier les projets d'élargissement de Bruxelles. Euractiv estime qu'un refus d'adhérer à l'Union européenne porterait un « sérieux coup » à ces ambitions. Selon le média, l'UE espérait que l'Islande rejoigne le bloc parallèlement à un pays moins riche. L'entrée simultanée de Reykjavik aurait ainsi pu rendre une nouvelle vague d'élargissement plus acceptable pour les gouvernements européens les plus sceptiques.

Le débat européen n'est pourtant pas nouveau dans l'île. Reykjavik avait officiellement déposé sa candidature à l'Union européenne en juillet 2009, avant l'ouverture des négociations l'année suivante. Le processus avait ensuite été suspendu en 2013. Deux ans plus tard, en 2015, les autorités islandaises avaient demandé que le pays ne soit plus considéré comme candidat à l'adhésion. La question d'une adhésion complète a retrouvé une place centrale dans le débat islandais sur fond de hausse du coût de la vie et d'évolution de l'environnement sécuritaire.