La Corée du Sud et les États-Unis ont décidé de réduire de moitié la durée de leurs manœuvres militaires conjointes, après les critiques formulées par Donald Trump à l'égard de ces exercices. Le président américain avait estimé qu'ils envoyaient un signal « hostile » à la Corée du Nord, tout en soulignant leur coût pour Washington.
Selon les informations rapportées le 18 août par la Korean Broadcasting System (KBS), la principale société nationale de radiodiffusion de Corée du Sud, qui cite ses sources, le programme initial prévoyait deux phases. La première, à caractère « défensif », devait se dérouler du 17 au 21 août. Une seconde séquence, consacrée à une « contre-offensive » dans le cadre d'un scénario d'« invasion nord-coréenne », était prévue du 23 au 27 août.
Lors d'une réunion d'urgence organisée le 18 août, les militaires américains et sud-coréens ont toutefois convenu d'annuler cette deuxième phase. Une source anonyme au sein du ministère sud-coréen de la Défense, citée par KBS, a indiqué que les forces américaines abandonnaient les manœuvres à l'issue de la première étape. Les deux parties devront ensuite déterminer comment réaliser les exercices qui n'auront pas pu être menés en raison de ce calendrier raccourci.
Le 17 août, le président américain a indiqué sur Truth Social entretenir de « très bonnes relations » avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et s'est montré critique envers la participation de longue date des États-Unis aux exercices conjoints avec la Corée du Sud. Selon lui, ces manœuvres sont coûteuses, Washington assumant l'essentiel des dépenses, et transmettent à Pyongyang un message à la fois « défavorable » et « hostile ». Donald Trump a également affirmé que la Corée du Nord n'avait représenté aucune menace et avait fait preuve de respect durant sa présidence.
Dans un commentaire diffusé par l'Agence centrale de presse coréenne (KCNA) ce 19 août, la Corée du Nord a annoncé son intention d'exercer de manière plus visible son droit à la légitime défense en réponse aux manœuvres Ulchi Freedom Shield. L'agence nord-coréenne a présenté les exercices, commencés le 17 août, comme la menace la plus directe pesant sur la sécurité du pays et de la région. Elle a notamment souligné la participation des militaires américains venus d'autres régions ainsi que celle des forces appartenant aux pays membres du Commandement des Nations unies. En outre, Pyongyang a insisté sur l'ampleur des opérations, qui concernent les domaines terrestre, maritime, aérien, spatial et cybernétique. Selon KCNA, les manœuvres prennent progressivement la forme d'une préparation à des combats réels.
La Corée du Nord a par ailleurs évoqué l'élargissement du rôle du Commandement des Nations unies et estime que l'évolution des capacités mobilisées par ses adversaires exige une réponse militaire elle aussi renforcée. Tant que ceux-ci cherchent, selon Pyongyang, à modifier l'équilibre des forces sur la péninsule coréenne, en Asie du Nord-Est et dans la région Asie-Pacifique, le pays entend continuer à invoquer son droit à la légitime défense. KCNA a averti que les forces considérées par Pyongyang comme une menace pour la souveraineté et la sécurité nord-coréennes resteraient directement visées par ses moyens de riposte.