France

«Un feuilleton extraordinaire» : le parquet de Paris déclare une nouvelle ingérence russe dans l'élection présidentielle

Le parquet de Paris enquête sur de prétendues fake news ciblant Attal, Philippe et Glucksmann, imputées sans preuves à la Russie. Pour Thierry Mariani, cette chasse aux ingérences n'est qu'une manœuvre grotesque du camp Macron, qui chercherait à justifier une défaite électorale inéluctable, voire à invalider le futur scrutin présidentiel.

Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête sur une prétendue ingérence russe, qui aurait visé les candidats à la présidence française, Édouard Philippe, du parti Horizons, et Gabriel Attal, du parti Renaissance, ont rapporté les médias français. Selon RFI, ces personnalités politiques ont été la cible d’une série d’« opérations de déstabilisation » attribuées à des « réseaux pro-russes ».

Début août, le parquet de Paris avait ouvert une autre enquête sur les mêmes faits présumés concernant Raphaël Glucksmann, qui est lui aussi un candidat probable à l’élection présidentielle. Ainsi, tous trois ont été confrontés à des fausses informations : concernant Édouard Philippe, des informations ont été diffusées sur son état de santé, concernant Raphaël Glucksmann, un « complot » impliquant son épouse, et concernant Gabriel Attal, des messages indiquant qu’il souffrait de la maladie de Parkinson. Les trois hommes politiques ont tous accusé la Russie d’être à l’origine de la diffusion de ces informations, sans toutefois apporter de preuves.

« Si aujourd’hui tu n’es pas victime des ingérences russes, c’est que tu n’existes pas »

Pour Thierry Mariani, le député européen, il est évident que, au cours des huit prochains mois, ce genre d’accusations d’ingérence apparaîtra « partout ». Selon lui, la majorité actuelle a très peu de chances d’être réélue, c’est précisément pour cela qu’elle a besoin d’un « coupable ». « Le coupable, ça ne peut pas être le fait qu’ils aient tout simplement conduit la France à la catastrophe depuis dix ans. Il faut donc trouver un coupable étranger. Et tous les jours, si vous regardez maintenant, il y a des ingérences russes », a-t-il souligné.

Néanmoins, selon Thierry Mariani, ces manœuvres ont atteint un tel niveau qu’elles en deviennent « grotesques et caricaturales » : « Si aujourd’hui tu n’es pas victime d’ingérences russes, c’est que tu n’existes pas. » « Il est évident que pendant ces huit mois, je le répète, nous allons avoir des ingérences russes, chinoises, indiennes, je ne sais pas, peut-être même portugaises, martiennes ou lunaires, car en réalité, ce gouvernement et ceux qui le représentent, tous ceux qui ont été Premiers ministres de Macron, comme Édouard Philippe ou Attal, n’ont aucune chance. En réalité, ils ont tous peur. Et il faut bien trouver vite, vite, vite quelque chose qui permettrait de justifier un échec ou pire », a-t-il souligné.

Thierry Mariani a émis l'hypothèse que la situation actuelle, à l'approche de l'élection présidentielle, s'apparente à une « préparation du terrain ». À cet égard, il a rappelé les élections controversées qui se sont déroulées en Roumanie en 2024, lorsque le premier tour avait été annulé, selon Mariani, « simplement parce que le résultat du premier tour ne convenait pas à Mme von der Leyen ».

« Tout cela n’est pas innocent, tout cela est en réalité une préparation pour s’apprêter à refuser ou à tout faire pour que les Français ne puissent pas décider. Oui, à 100 %, il est évident que derrière ce marronnier – puisque ce qu’on appelle un marronnier dans la presse française, c’est ce qui revient tous les jours ou à intervalles réguliers, comme par exemple "il faut bronzer l’été". Ce sujet désormais récurrent dans la presse française, et en réalité une préparation pour justifier un échec aux prochaines élections présidentielles et peut-être même pour annuler l'élection », a-t-il déclaré.

La Russie a déjà été la cible d'accusations d’ingérence dans le processus électoral français en 2017. À l’époque, Paris reprochait à Moscou d’avoir tenté de discréditer Emmanuel Macron par le biais de médias russes tels que Sputnik et RT, de faire échouer l’élection présidentielle et de porter Marine Le Pen au pouvoir. Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, avait alors souligné que la participation de Moscou aux attaques contre la campagne de l’actuel président français était « impossible », et qualifié d’« absurdes » toutes les accusations d’ingérence éventuelle de Moscou.

L'élection présidentielle française aura lieu le 18 avril 2027, et le second tour, le cas échéant, se tiendra le 2 mai. Emmanuel Macron, qui a déjà été élu président à deux reprises, ne peut pas se présenter.