La tension est montée d'un cran entre la Maison Blanche et CNN après une question de la journaliste Kristen Holmes à Donald Trump sur les propos d'un sénateur démocrate concernant la proximité du président avec l'une de ses assistantes. L'administration américaine a violemment pris à partie la correspondante, tandis que CNN a dénoncé une attaque personnelle contre un journaliste exerçant son métier.
Lors d'une réunion en Géorgie, le sénateur démocrate Jon Ossoff avait accusé le milliardaire de privilégier ses intérêts personnels à ses fonctions présidentielles, évoquant notamment son projet de salle de bal et ses déplacements avec Natalie Harp, une assistante présente régulièrement à ses côtés. Interrogé par Kristen Holmes sur ces déclarations, le président américain n'a pas réellement répondu.
Trump gêné
Quelques minutes plus tard, alors que la journaliste l'interrogeait cette fois sur Kim Jong-un, le chef de l'État s'en est directement pris à elle. Il lui a demandé à plusieurs reprises de « se taire », la qualifiant notamment de personne « bruyante et turbulente », avant de s'en prendre à CNN et de l'accuser de diffuser de « fausses informations ».
La Maison Blanche a ensuite poursuivi ses attaques sur les réseaux sociaux. Le compte officiel Rapid Response 47 a accusé Holmes d'avoir porté un « coup bas » contre l'une des assistantes du président et affirmé que ses enfants seraient un jour « écœurés » par sa question. Le directeur de la communication de la Maison Blanche, Steven Cheung, s'en était également pris à Ossoff, le qualifiant notamment de « pauvre mauviette » qui « hait son pays ».
Un autre porte-parole de l'exécutif, Davis Ingle, a lui aussi attaqué le sénateur démocrate, le qualifiant de « poids plume » et employant à son encontre une formule insultante à connotation sexiste.
CNN a défendu sa journaliste dans un communiqué, estimant que les responsables publics pouvaient contester les informations diffusées ou les questions posées, mais que les attaques personnelles contre les journalistes étaient incompatibles avec leur fonction et avec la liberté de la presse. L'épisode illustre une nouvelle fois les relations particulièrement tendues entre le président américain et certains médias.