Les pays de l'Union européenne sont sur le point d'approuver un 21e paquet de sanctions contre la Russie, dans une version sensiblement allégée en regard de celle présentée initialement par la Commission européenne, rapporte ce 10 juillet Euractiv, citant des sources diplomatiques.
D'après le média, plusieurs mesures importantes ont été retirées ou assouplies au cours des négociations. Parmi elles figurent les restrictions concernant l'entrée dans l'Union européenne de militaires russes ainsi que certaines dispositions liées au gaz naturel liquéfié.
À l'origine, la Commission européenne souhaitait instaurer une interdiction automatique de visas pour l'ensemble des militaires ayant participé à l'opération militaire spéciale en Ukraine. Cette proposition aurait toutefois rencontré l'opposition de la France, de l'Italie et de la Grèce, dont les économies bénéficient du tourisme en provenance de Russie. Le texte a finalement été limité aux visas de court séjour visant uniquement les personnes ayant pris part directement aux combats.
Les discussions ont également porté sur le plafonnement du prix du pétrole russe à 44 dollars le baril. La Grèce est parvenue à faire réduire la durée de cette mesure de six à trois mois. Athènes a aussi demandé que le transport de GNL russe vers des pays situés hors de l'Union européenne reste autorisé, une disposition qui affaiblit le projet d'interdiction des importations de gaz russe prévu pour janvier 2027.
Les restrictions sur les importations de poisson russe ont, elles aussi, été assouplies. L'Allemagne, la Pologne et le Portugal ont obtenu des exceptions pour certaines espèces. De son côté, la Bulgarie a empêché l'inscription du patriarche de Moscou et de toute la Russie, Kirill, sur la liste des personnes sanctionnées.
Une certaine immunité aux sanctions
Au début du mois de juin, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait en effet proposé d'intégrer au 21e paquet une interdiction d'entrée dans l'Union européenne visant tous les citoyens russes ayant servi dans les forces armées russes ou participé à l'opération militaire spéciale.
Le 29 juin, Bloomberg avait également rapporté, en s'appuyant sur ses propres sources, que la France et l'Italie avaient exprimé des réserves à l'égard de cette initiative. Selon l'agence, ces deux pays ne s'opposaient pas à des restrictions visant les anciens militaires, mais craignaient que la proposition initiale ne débouche, dans les faits, sur une interdiction généralisée d'entrée pour les ressortissants russes.
De son côté, la Russie juge les sanctions occidentales illégales. Le Kremlin a affirmé à plusieurs reprises que l'économie russe continuait de fonctionner malgré le grand nombre de sanctions imposées par les pays occidentaux et qu'elle a développé une « certaine immunité » à leur égard.