International

Échec des négociations irano-américaines à Islamabad : derniers développements

Les négociations entre l'Iran et les États-Unis à Islamabad se sont soldées par un échec. Après 21 heures de discussions, les parties n'ont pas réussi à trouver un accord, invoquant des divergences de vues sur certaines questions ainsi qu'un climat de méfiance au cours des négociations. Le cessez-le-feu, déjà fragile, est menacé.

Dimanche 12 avril

278 enfants tués en Iran lors des attaques américano-israéliennes depuis le début de la guerre, selon SNN

Au moins 278 élèves ont perdu la vie en Iran depuis le début des attaques américaines et israéliennes, rapporte SNN, citant le directeur du Centre d'information et des relations publiques du ministère de l'Éducation et des Sciences. Selon ce dernier, parmi les victimes, 156 étaient des garçons et 115 des filles, ainsi que 5 écoliers et 2 écolières de première année.

Pour ce qui est du chiffre total des victimes, il s'agit ­au moins 3.375 morts en Iran depuis le début de la guerre, selon l'Organisation de médecine légale du pays.

Hollande qualifie les frappes israéliennes contre le Liban d'« insupportables » et appelle à leur cessation

Lors d'une intervention sur BFMTV, l'ancien président français François Hollande a qualifié les frappes israéliennes sur le Liban d'« illégitimes ». « Il faut arrêter les frappes sur le Liban, c’est insupportable, ça touche la population civile et ça met en cause un pays indépendant, qui a des élections qui sont libres et qui est proche de la France », a-t-il déclaré.

François Hollande a ajouté que les bombardements israéliens, que Tel Aviv qualifie de « ciblés », touchent en réalité « une large partie de la population » Il a également souligné que « la France doit exercer une pression » pour participer aux négociations entre Israël et le Liban.   

L'Iran considérera l'approche de navires vers le détroit d'Ormuz comme une violation du cessez-le-feu, selon le CGRI

L'approche de navires militaires vers le détroit d'Ormuz sera considérée par l'armée iranienne comme une violation du cessez-le-feu, a averti le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Ce dernier a souligné que le détroit est ouvert au passage en toute sécurité des navires civils, conformément à des règles spécifiques.

Le CGRI affirme contrôler la circulation dans le détroit d'Ormuz

Téhéran contrôle entièrement la circulation des navires dans le détroit d'Ormuz, a déclaré le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) suite aux affirmations du président américain Donald Trump concernant le blocage de cette voie maritime. L'armée iranienne a souligné que les navires ne pouvaient traverser le détroit d'Ormuz qu'avec l'autorisation de l'Iran et selon ses conditions.

Trump menace la Chine de droits de douane supplémentaires si elle vient en aide à l'Iran

Les États-Unis imposeront à la Chine des droits de douane supplémentaires de 50 % s'ils « surprennent » Pékin en train de fournir du matériel militaire à l'Iran, a déclaré le président américain Donald Trump dans une interview accordée à Fox News. Il a laissé entendre que de tels droits de douane pourraient également s'appliquer à d'autres pays.

Le programme nucléaire iranien aurait résisté aux frappes américaines et israéliennes

Malgré une série de frappes militaires menées par les États-Unis et Israël, l'Iran aurait préservé les capacités clés de son programme nucléaire, ce qui renforce considérablement la position de Téhéran dans les négociations, rapporte le Wall Street Journal en citant des sources.

D'après les interlocuteurs du journal américain, l'Iran disposerait toujours d'installations d'enrichissement d'uranium en état de fonctionnement, et le pays conserverait dans son arsenal environ 450 kilogrammes d'uranium de qualité proche de celle requise pour la fabrication d'armes. Ces stocks permettraient à Téhéran de relancer rapidement la production d'uranium hautement enrichi si une décision politique en ce sens était prise.

En outre, selon le Wall Street Journal, l'Iran aurait conservé un réseau développé de tunnels souterrains fortifiés et de bunkers dans la région des installations nucléaires d'Ispahan et de Natanz. Selon les estimations des analystes militaires, cette infrastructure rendrait le programme nucléaire iranien nettement moins vulnérable à d'éventuelles frappes aériennes futures.

Les pays de l'OTAN aideront les États-Unis à déminer le détroit d'Ormuz, affirme Trump

Le président américain Donald Trump a déclaré, lors d'une interview accordée à la chaîne Fox News, qu'une partie des pays de l'OTAN avait l'intention d'apporter son aide à Washington concernant le déminage du détroit d'Ormuz. Selon lui, le déminage de ces eaux ne prendra pas beaucoup de temps.

Le locataire de la Maison Blanche a également indiqué que parmi les pays prêts à envoyer des dragueurs de mines pour opérer dans le détroit figuraient le Royaume-Uni et plusieurs autres États.

Des personnes toujours sous les décombres, des centaines de morts après 100 frappes israéliennes en l'espace de dix minutes

Après les 100 frappes de missiles lancées le 8 avril par Israël sur le territoire libanais en l'espace de dix minutes, de nombreuses personnes restent encore sous les décombres, a déclaré à RT Mey Al-Saeg, porte-parole de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Selon elle, les secouristes doivent travailler dans des délais extrêmement courts, ce qui impose une lourde charge aux équipes. Al-Saeg a également indiqué que les proches de nombreuses victimes ne parvenaient pas à identifier les corps.

Trump exige à nouveau que l'Iran rouvre le détroit d'Ormuz après l’annonce de son blocage par les États-Unis

Après avoir annoncé le blocage du détroit d'Ormuz par la marine américaine, le président américain Donald Trump a une nouvelle fois exhorté l'Iran à rouvrir cette voie maritime. Il a accusé Téhéran de ne pas respecter « délibérément » ses obligations concernant la réouverture du détroit, soulignant que ces actions avaient gravement nui à la réputation du pays.

Trump annonce le blocus du détroit d'Ormuz par la marine américaine

Le président américain Donald Trump a annoncé sur son réseau social Truth Social le lancement d'une opération de « blocage de tout navire tentant d’entrer dans le détroit d’Ormuz ou d’en sortir ». Selon lui, lors des négociations à Islamabad, les parties sont parvenues à un accord sur la plupart des points, mais la question nucléaire reste en suspens.

« C’EST UNE EXTORSION À L’ÉCHELLE MONDIALE, et les dirigeants des pays, en particulier ceux des États-Unis d’Amérique, ne se laisseront jamais extorquer », a-t-il écrit, ajoutant que « tout Iranien qui ouvrira le feu contre nous ou contre des navires pacifiques SERA ANÉANTI ! ».

En outre, selon le locataire de la Maison Blanche, les forces américaines rechercheront et intercepteront également « tout navire, en eaux internationales, ayant versé un droit à l’Iran ». « Le blocus commencera sous peu. D’autres pays participeront à ce blocus. L’Iran ne sera pas autorisé à tirer profit de cet ACTE ILLÉGAL D’EXTORSION. Ils veulent de l’argent et, plus encore, ils veulent le nucléaire. En outre, au moment opportun, nous sommes pleinement PRÊTS À FRAPPER, et notre armée achèvera ce qu’il reste de l’Iran ! », a-t-il conclu.

L’Iran ne croit pas que les États-Unis et Israël respecteront le moindre accord

Après l'échec des négociations à Islamabad entre l'Iran et les États-Unis, Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue «La Russie dans les affaires mondiales», s'interroge sur l'avenir de ce conflit au Moyen-Orient.

Massoud Pezechkian s'est entretenu avec Vladimir Poutine 

Selon le communiqué du Kremlin, le président iranien Massoud Pezechkian a dressé le bilan des pourparlers irano-américains qui se sont tenus le 11 avril à Islamabad et a exprimé sa gratitude pour la position de principe adoptée par la Russie, notamment sur la scène internationale, visant à désamorcer la situation. Massoud Pezechkian a également remercié la Russie pour l’aide humanitaire apportée au peuple iranien.

Vladimir Poutine a, quant à lui, souligné la volonté russe de continuer à contribuer à la recherche d’un règlement politico-diplomatique du conflit et de mener des efforts de médiation en vue d’instaurer une paix juste et durable au Proche-Orient. À cette fin, la Russie poursuivra ses contacts actifs avec tous ses partenaires dans la région, peut-on lire dans le communiqué. 

Guerre en Iran : l'administration Trump a discrédité tout processus de négociation

La délégation américaine a quitté Islamabad, sans obtenir d’accord avec l’Iran. Pour Karine Bechet, cet échec était attendu : les États-Unis ne cherchent qu’à faire plier leur adversaire et l’Iran a retenu la leçon.

Deux superpétroliers ont fait demi-tour au large du détroit d'Ormuz après l'échec des négociations à Islamabad

Deux superpétroliers vides avaient prévu de traverser le détroit d'Ormuz, mais ils ont fait demi-tour au dernier moment lorsqu'ils ont appris que l'accord de paix entre les États-Unis et l'Iran avait échoué, rapporte Bloomberg. Selon les données des services de suivi des navires, trois grands pétroliers n'ayant aucun lien direct avec l'Iran se sont dirigés vers le golfe Persique dans la soirée du 11 avril.

Selon l'agence de presse, le lendemain matin, deux d'entre eux — l'Agios Fanourios I, qui se dirigeait vers l'Irak, et le Shalamar pakistanais, qui faisait route vers l'île de Das aux Émirats arabes unis — sont arrivés au poste de contrôle de l'île iranienne de Larak, où ils ont fait demi-tour. Le troisième pétrolier, le Mombasa B, qui menait une file de navires, a poursuivi sa route vers le golfe en suivant l'itinéraire approuvé par l'Iran, ajoute Bloomberg, précisant que sa destination est pour l'instant inconnue.

L'Iran ne fait pas confiance aux États-Unis, déclare le chef de la délégation iranienne

Les États-Unis n'ont pas réussi à gagner la confiance de l'Iran lors des négociations à Islamabad, a déclaré sur X le chef de la délégation iranienne, le président du Parlement iranien Mohammad Ghalibaf. Selon lui, bien que Téhéran fasse preuve de la bonne foi et de la volonté nécessaires, l'expérience des deux guerres précédentes fait que Téhéran n'a pas confiance en ses interlocuteurs.

Le parlementaire a ajouté que son pays considérait la diplomatie, au même titre que la lutte militaire, comme un moyen de défendre les droits de la nation iranienne et qu'il ne cesserait pas ses efforts pour consolider les acquis des 40 jours de défense nationale. D'après lui, il appartient désormais aux États-Unis de décider s'ils peuvent gagner la confiance de la partie iranienne.

Le président du Parlement iranien a également remercié le Pakistan pour ses efforts visant à faciliter le processus de négociation et a transmis ses meilleurs vœux à son peuple.

L'Iran a plus d'« atouts dans sa manche » que les États-Unis

Téhéran a plus d'« atouts dans sa manche » que Washington, a déclaré à CNN l'ancien négociateur du département d'État pour le Moyen-Orient, Aaron David Miller. Selon lui, l'Iran ne se précipite pas pour faire des concessions, démontrant ainsi qu'il a transformé la géographie en arme et qu'il contrôle le détroit d'Ormuz.

Toujours selon lui, Téhéran aurait démontré une « capacité effrayante » à compromettre la sécurité et la stabilité, ce qui constitue également un avantage par rapport à Washington. Il a ajouté que l'Iran préférait prendre le risque de subir de nouvelles frappes militaires de la part des États-Unis et d'Israël plutôt que de quitter les négociations les mains vides.

Atmosphère de méfiance et aucune attente d'un accord dès la première rencontre : la diplomatie iranienne sur les négociations à Islamabad

Les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran se sont déroulés dans une atmosphère de méfiance et de suspicion, et personne ne s'attendait à ce qu'un accord soit conclu en une seule réunion, a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, cité par l'agence de presse iranienne Mehr.

L'Iran a déclaré ne pas prévoir de nouvelles négociations sur le nucléaire avec les États-Unis, mais le porte-parole a souligné que les contacts diplomatiques entre les deux pays se poursuivraient, rapporte le Wall Street Journal. Le programme, le lieu et les dates du prochain cycle de négociations n'ont pas encore été annoncés, note également l'agence de presse NourNews.

Trump menace la Chine de « gros problèmes » si elle fournit des armes à l'Iran

Donald Trump a mis en garde la Chine après des informations faisant état de livraisons de systèmes de défense aérienne à l'Iran. Lors d'un entretien avec des journalistes, le président américain a averti que si la Chine participait à des livraisons d'armes à Téhéran, elle se heurterait à de « gros problèmes ».

Ses déclarations font suite à des informations parues dans les médias américains selon lesquelles la Chine prévoyait de fournir des systèmes de missiles antiaériens à l'Iran. Pékin, pour sa part, a démenti ces affirmations.

Les États-Unis pourraient recourir au blocage du détroit d'Ormuz, selon un scénario similaire à celui du Venezuela 

Si les États-Unis et l'Iran ne parviennent pas à trouver un accord, le président américain Donald Trump pourrait ordonner le blocage du détroit d'Ormuz, comme il l'a fait au Venezuela avant l'enlèvement de Nicolás Maduro, rapporte Just the News en citant des sources. Selon les experts du portail, la marine américaine pourrait exercer un contrôle total sur cette voie maritime.

Aucun accord n'a été conclu, Téhéran n'ayant pas accepté les conditions de Washington, affirme Vance

Au cours des négociations à Islamabad, l'Iran et les États-Unis n'ont pas réussi à trouver un accord, a déclaré le vice-président américain JD Vance à l'issue des discussions. Il a indiqué que les négociateurs américains avaient « très clairement défini » leurs « lignes rouges », précisant sur quels points ils étaient prêts à faire des concessions ou non, mais selon ses dires, ces conditions avaient été rejetées par la partie iranienne.

Vance n'a toutefois pas donné de détails sur les discussions, se contentant de mentionner que pour Washington, il était essentiel d'obtenir la confirmation que l'Iran n'avait pas l'intention de se doter de l'arme nucléaire. Le vice-président américain a qualifié l'absence d'accord de « mauvaise nouvelle » davantage pour l'Iran que pour les États-Unis.