À Boston, le juge fédéral Brian Murphy a ordonné, le 30 janvier, le report de la date d’entrée en vigueur de la décision du département de la Sécurité intérieure (DHS) visant à mettre fin au « Temporary Protected Status » (TPS) accordé à plus de 5 000 ressortissants éthiopiens. Initialement prévue pour le 13 février, cette suppression est désormais suspendue afin de laisser le temps à la justice d’examiner le dossier.
Lors d’une audience en visioconférence, le magistrat a expliqué que ce délai devait permettre au DHS de fournir les documents internes détaillant le processus décisionnel. Ces éléments doivent lui permettre d’évaluer l’opportunité d’un blocage plus durable de la mesure. « Je veux faire tout ce qui est possible pour permettre à cette affaire d’être examinée », a déclaré Brian Murphy.
Le département de la Justice, représentant l’administration fédérale, avait demandé un délai supplémentaire pour répondre à la plainte déposée par des organisations de défense des migrants. Il s’est toutefois opposé à toute suspension, même temporaire, de la fin des protections contre l’expulsion.
Une mesure contestée en justice
La procédure judiciaire a été engagée par trois ressortissants éthiopiens, soutenus par l’organisation African Communities Together. Ils contestent la décision annoncée le 12 décembre par le DHS de mettre un terme au TPS pour l’Éthiopie, justifiée par les autorités américaines par une amélioration de la situation sécuritaire dans le pays.
Les plaignants estiment que cette décision a été prise de manière illégale, avec un préavis de seulement 60 jours, alors que des conflits armés persistent dans certaines régions éthiopiennes. Ils accusent également la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, d’avoir agi sur la base de motivations discriminatoires à l’encontre des immigrés non blancs.
Le Temporary Protected Status est un dispositif prévu par la loi fédérale américaine pour protéger temporairement de l’expulsion les ressortissants de pays touchés par des catastrophes naturelles, des conflits armés ou des crises majeures. Il permet également aux bénéficiaires de travailler légalement sur le territoire américain.