La cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de Milan-Cortina, prévue le 6 février au stade San Siro, devait être une vitrine festive et consensuelle. Elle s’est finalement retrouvée au cœur d’une tempête politique après l’annonce de la participation du rappeur Ghali, figure majeure de la scène urbaine italienne. Né à Milan de parents tunisiens, l’artiste est devenu l’une des voix les plus populaires auprès de la jeunesse italienne. Mais son engagement public sur des questions internationales a attiré l’attention des responsables politiques.
Les attaques les plus virulentes proviennent de la Ligue, parti de droite membre de la coalition au pouvoir dirigée par la Présidente du Conseil des ministres, Giorgia Meloni. Des responsables du parti ont publiquement remis en question la pertinence du choix de Ghali pour un événement à portée mondiale, estimant que ses positions politiques passées étaient incompatibles avec l’esprit supposément neutre des Jeux olympiques.
Selon des déclarations relayées par les médias italiens, une source de la Ligue a qualifié l’artiste de « militant pro-palestinien extrémiste », l’accusant d’hostilité envers Israël et le camp de la droite italienne. Des propos qui ont contribué à durcir le ton du débat.
Une polémique née à Sanremo
La controverse trouve son origine dans une déclaration faite par Ghali il y a deux ans, lors du célèbre festival de la chanson de Sanremo. Sur scène, le rappeur avait appelé à « mettre fin au génocide », en référence à la guerre menée par Israël à Gaza. Cette prise de parole, largement relayée à l’époque, avait déjà suscité une vague de réactions politiques et médiatiques.
Depuis, l’artiste est régulièrement associé à cette séquence, devenue un symbole des tensions entre liberté d’expression artistique et sensibilités politiques, notamment dans un contexte international marqué par de fortes divisions.
Face à la montée de la polémique, le ministre italien des Sports, Andrea Abodi, a tenté de calmer les esprits. Il a assuré ne pas s’attendre à ce que Ghali utilise la scène olympique pour défendre un message politique.
« Je n’ai aucun problème à être en désaccord avec les opinions de Ghali et les messages qu’il a exprimés, mais je pense qu’un pays doit être capable d’accepter l’expression d’un artiste, même lorsque nous ne partageons pas son point de vue », a-t-il déclaré. Le ministre a insisté sur le fait que la cérémonie d’ouverture ne serait pas le lieu d’une prise de position politique.