Les autorités iraniennes ont officiellement qualifié les forces armées des pays de l’Union européenne de « groupes terroristes ». Cette décision a été présentée comme une mesure de réciprocité, en réponse au choix de l’UE de classer le Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste.
Ce durcissement marque une nouvelle étape dans l’escalade politique entre Téhéran et Bruxelles, illustrant les conséquences directes d’une décision que certains États membres redoutaient précisément pour son caractère irréversible. Pendant plusieurs semaines, la France aurait figuré parmi les capitales les plus réservées face à cette initiative européenne, rapporte Politico. Paris considérait qu’une telle désignation risquait de fermer les derniers canaux de dialogue avec l’Iran, d’exposer davantage les ressortissants européens à des mesures de représailles et de compromettre toute reprise éventuelle des discussions sur le programme nucléaire.
Cette prudence était partagée, dans un premier temps, par l’Italie et l’Espagne. Ces trois pays mettaient en garde contre le coût diplomatique d’un classement visant une structure tentaculaire comptant plus de 100 000 membres et étroitement imbriquée dans l’appareil politique et sécuritaire iranien.
Selon des diplomates européens, cités par le média américain, maintenir une certaine ambiguïté permettait à l’Europe de conserver un levier, notamment à travers le rôle potentiel de la « troïka européenne » (France, Royaume-Uni, Allemagne) en cas de relance des négociations.
Cependant, l’équilibre interne au sein de l’Union a progressivement évolué. Sous l’impulsion de capitales favorables à une ligne plus dure, Rome et Madrid ont finalement rallié le camp des partisans de la désignation. Ce basculement a laissé la France seule face à une majorité désormais consolidée.
Toujours d'après Politico, à mesure que le consensus se formait, la pression politique sur Paris serait devenue intenable. La France aurait ainsi renoncé à sa position initiale, moins par conviction nouvelle que par contrainte collective européenne.