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COP21 : on commence à parler de mettre la main au portefeuille, premières crispations

La proposition visait à mettre au même niveau les pays riches et les pays en voie de développement en tant que donateurs aux Etats pauvres afin que ceux-ci financent des mesures écologiques… Mais elle n’a pas été du goût de tout le monde.

La fin de cette première semaine du sommet pour le climat de Paris sera donc marquée par une dispute. A la base de la discorde, une ébauche d’accord proposait d’inclure des économies en développement rapide, comme la Chine, aux côtés de nations développées, telles que les Etats-Unis, dans un fonds de financement pour la lutte contre le dérèglement climatique, destiné aux pays les plus pauvres de la planète.

D’un côté, les pays riches qui soutenaient la mesure, avançaient que certaines nations «en voie de développement» avaient déjà, par le passé, consenti à des aides financières climatiques. Ils évoquaient notamment un versement en septembre, par la Chine, de 3 milliards de dollars au Green Climate Fund, un fonds international visant à financer la lutte contre le changement du climat.

Mais en face, certains pays en voie de développement ne l’entendaient pas de cette oreille, perçevant la proposition comme une menace qui pourrait être utilisée dans le futur pour les obliger à contribuer autant que les riches donateurs que sont les Etats-Unis ou l’Union européenne.

Pour Susheel Kumar, un fonctionnaire du ministère de l’Environnement indien cité dans le journal britannique Guardian, la mesure «tente de modifier la convention» existante, qui veut que les pays riches et pauvres ont une «responsabilité commune, mais différenciée», selon la Convention-cadre des Nations Unies sur le réchauffement climatique de 1992. Cette différenciation des rôles des riches et des pauvres avait notamment permis à certains pays, dont la Chine, d’éviter de devoir s’attaquer à la problématique des émissions de gaz polluants.

Todd Stern, membre de la délégation américaine, estime lui, dans le même quotidien britannique, qu’il est nécessaire de reconnaître qu’il y a «certains pays en voie de développement plus avancés» que d'autres, ajoutant toutefois que toute aide financière consentie se ferait sur une base purement volontaire.

Publié le vendredi 4 décembre, le texte provisoire qui doit servir de base à un potentiel accord, et particulièrement la clause sur le mode de financement de la politique climatique des pays pauvres, a été sujet à de périlleuses négociations dans les heures qui s’en sont suivies.

Les discussions sur le climat se poursuivront encore durant une semaine à la COP21, qui a été lancée le 30 novembre. Le but de ce sommet international est de parvenir à trouver un accord visant à limiter l’émission de gaz à effet de serre, alors que les conventions existantes doivent prendre fin en 2020.

En savoir plus : Parole libre : La COP21 vue par Philippe Verdier