France

150 chefs d'Etats, des milliers de policiers et un accord à trouver : la COP21 débute lundi

La COP21, conférence climatique mondiale ouvre ses portes pour deux semaines, ce lundi à Paris. Des mesures de sécurité exceptionnelles sont annoncées pour accueillir les 150 chefs d'Etats annoncés.

Dès lundi, Paris sera de nouveaux au centre du monde. Deux semaines après les attentats de Paris, la grande conférence de Paris, la COP21 s’ouvre lundi avec la présence attendue de plus de 150 chefs d'Etats.

Une ampleur inégalée

Cette conférence, avant même son coup d’envoi, est en tout cas celle de tous les records. Le nombre de participants attendus est inégalé pour une COP: 40.000 personnes dont 10.000 délégués de 195 pays, 14.000 représentants de la société civile et experts, 3.000 journalistes et des milliers de visiteurs. Davantage de chefs d'Etat ont même annoncé leur venue à Paris les jours qui ont suivi les attaques des djihadistes, faisant de ce sommet sur l'environnement le plus important jamais organisé. Ils seront 150.

Dès lundi, la première journée de cette COP21 sera à marquer d’une pierre blanche avec des discours de François Hollande, Vladimir Poutine (Russie), Barack Obama (Etats-Unis), Xi Jinping (Chine), Narendra Modi (Inde), etc. Des rencontres bilatérales permettront aussi aux leaders politiques d'aborder la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique. Une conférence qui sera aussi l’occasion de retrouvailles probablement fraiches entre Vladimir Poutine (Russie) et le président Erdogan (Turquie) quelques jours après que le Turquie a abattu un chasseur russe qui menait des opérations en Syrie.

Un accord difficile à trouver

Si cette conférence est d’ores et déjà un évènement en soi, d’aucun s’accorde à dire qu’un accord devra être trouvé pour que cette COP21 soit considérée comme un succès. D’ici au 11 décembre, tous les pays devront faire des compromis sur des sujets-clés comme les financements Nord-Sud, un objectif commun de long terme pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ou un mécanisme de révision des engagements des pays.

Dès cette semaine, les consultations informelles entre pays ont débuté au siège de l'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture). Signe que le temps est compté pour arriver à un consensus, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères français et président de la COP, réunira dès dimanche les chefs de délégation pour proposer une méthode de travail. A Malte hier, François Hollande a aussi évoqué le climat.

L'objectif de la communauté internationale est de limiter à 2°C le réchauffement de la planète. A ce stade, les engagements volontaires des pays pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2025 ou 2030 vont permettre - s'ils sont respectés - de ramener la hausse prévisible du thermomètre mondial de 4-5° à 3°C.

Une sécurité renforcée

Suite aux attentats de Paris, l’annulation de la COP 21 avait été évoquée, mais François Hollande avait, dès le lendemain des attentats, annoncé sa volonté de maintenir cette conférence. Toutefois, les mesures de sécurité ont encore été alourdies.

Alors que l'état d'urgence a été déclaré en France pour trois mois, des mesures exceptionnelles vont sécuriser Paris et le site de la COP au Bourget, au nord de la capitale. Aux frontières, les contrôles ont été rétablis et 8.000 membres des forces de l'ordre déployés: 2.800 seront mobilisés au Bourget et 6.300 autres dans Paris pour la venue des chefs d'Etat.

Par ailleurs, vingt-quatre militants ont été assignés à résidence dans le cadre de l'état d'urgence décrété après les attentats jihadistes, dans le but de les empêcher d'aller manifester à Paris lors de la COP21. De plus, toutes les manifestations en marge de cet événement ont été interdites. «La mesure annoncée a notamment entraîné l'interdiction de très nombreuses marches prévues en marge de la conférence internationale sur le Climat COP21 du samedi 28 novembre au lundi 30 novembre, empêchant militants associatifs et représentants de la société civile de manifester comme ils l'avaient prévu pour faire entendre leurs revendications aux chefs d’Etat réunis», a d’ailleurs dénoncé Amnesty International.

Partout dans le monde d’importantes manifestations

La conférence parisienne est attendue dans de nombreux pays. Ce week-end, une cinquantaine de manifestations sont prévues dans le monde (Manille, Tokyo, Sydney, New Delhi, Kampala, Sao Paolo, Londres, Mexico, New-York, Bogota...) et ont pour objectif de mettre la pression sur les dirigeants du monde afin de trouver un accord.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont ainsi défilé vendredi à Melbourne (Australie) pour un monde «propre et juste». Vendredi toujours, plusieurs dizaines de «pèlerins climatiques» venus d'Europe, d'Afrique et d'Asie ont commencé à se rassembler dans une église parisienne, marquant symboliquement la mobilisation des religions pour le climat.