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«Une très grande annonce» : Trump à nouveau candidat à la Maison Blanche en 2024 ?

Au cours d'un des derniers meetings de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, Donald Trump a promis une importante annonce pour le 15 novembre. Il pourrait s'agir d'une nouvelle candidature à la présidence du pays, dans deux ans.

L'ex-président américain Donald Trump, qui flirte avec une nouvelle candidature à la Maison Blanche, a promis dans la soirée du 7 novembre qu’il allait faire une «très grande annonce» la semaine suivante, au moment où les Américains s'apprêtent à voter le 8 novembre pour des élections de mi-mandat cruciales.

«Je vais faire une très grande annonce mardi 15 novembre à Mar-a-Lago [sa résidence en Floride]», a annoncé le milliardaire républicain lors d'un meeting de campagne dans l'Ohio, à la veille d'élections décisives pour son avenir politique et celui de Joe Biden.

Jusqu'au dernier moment, Donald Trump avait fait planer le doute sur une possible annonce  de sa candidature dès le 7 novembre, mais il a assuré ne pas vouloir voler la vedette aux candidats qu'il a adoubés. Devant ses partisans, l'ex-président, âgé de 76 ans, a dépeint un tableau extrêmement sombre de l'Amérique sous le mandat du démocrate Joe Biden. Un pays où selon lui, la flambée des prix «étrangle les ménages», où la «criminalité violente est hors de contrôle» et où l'extrême gauche «endoctrine nos enfants».

«Il n'y a qu'une solution pour mettre fin à cette folie», a plaidé le milliardaire américain. «Si vous voulez mettre fin à la destruction de notre pays et sauver le rêve américain, vous devez voter républicain demain [le 8 novembre]», a-t-il assuré. Les Américains sont appelés lors de ce scrutin à renouveler l'ensemble de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Toute une série de postes d'élus locaux, qui décident des politiques de leur Etat en matière d'avortement ou de régulation environnementale, notamment, sont également en jeu.

Pour Joe Biden, «la démocratie est en danger» 

La campagne pour cette multitude de scrutins rassemblés sous l'appellation de «midterms» aura jusque dans ces dernières heures pris l'allure d'une deuxième manche du match de 2020. Le meeting de Donald Trump venait en effet directement concurrencer celui de Joe Biden, organisé quelques minutes plus tôt dans une université du Maryland, aux portes de Washington, lors duquel le président a exhorté les Américains à «défendre la démocratie».

«Nous savons viscéralement que notre démocratie est en danger», a assuré le dirigeant démocrate de 79 ans, en réponse aux propos venus du camp républicain, qui déjà évoquent la contestation d’une éventuelle défaite électorale. Le camp démocrate a ainsi cherché jusqu'au bout à peindre le parti républicain comme une menace pour la démocratie, en usant également de thématiques sociétales telles que le droit à l'avortement.

Reste à savoir si cela aura l'effet escompté, ou si se vérifiera à nouveau le dicton bien connu d'un conseiller de l'ancien président Bill Clinton, à savoir qu'aux élections, c'est toujours «l'économie qui compte». Après son meeting, le président démocrate a une nouvelle fois assuré être «optimiste» sur l'issue du scrutin. Il a toutefois concédé que garder le contrôle de la Chambre des représentants serait «difficile».

Les républicains espèrent non seulement prendre la Chambre des représentants, ce qui est le scénario classique lors de ces élections traditionnellement difficiles pour le parti au pouvoir, mais aussi arracher à Joe Biden le mince contrôle dont il dispose au Sénat.

Une nouvelle candidature de Biden loin de faire l'unanimité chez les démocrates

Face à l'efficacité d'une campagne républicaine centrée sur l'inflation galopante (8,2%), Joe Biden a eu bien du mal à vanter ses réformes sur le pouvoir d'achat, qui ne se feront sentir que dans plusieurs années. La perte du contrôle des deux chambres du Congrès serait lourde de conséquences pour le démocrate, qui a jusqu'ici dit avoir l'intention de se représenter en 2024, préfigurant un possible remake du duel de 2020. La perspective n'enchante toutefois pas tous les démocrates, en raison de son âge – il aura 80 ans le 20 novembre – et de son impopularité croissante.

Même s’il a tenu à rassurer les Américains sur son état de santé lors d’une interview diffusée le 23 octobre, la capacité du président à exercer ses fonctions fait débat outre-Atlantique. Les gaffes à répétition de Joe Biden font ainsi régulièrement les choux gras des réseaux sociaux et ont été exploitées par ses adversaires depuis la campagne de 2020. Un sondage récent de Issues & Insights/TIPP avance que 64% des Américains semblent préoccupés par l'état de santé mental du président, contre 59% début août. Parmi ses «absences» récentes, le quasi octogénaire s'était notamment fait remarquer en demandant lors d'une allocution où se trouvait Jackie Walorski, une élue républicaine de l'Indiana décédée quelques semaines plus tôt, à qui il avait pourtant rendu hommage dans un communiqué.