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Lavrov dénonce la «guerre hybride» que l’Occident mène «depuis de nombreuses années» contre Moscou

Dénonçant «les appels ouverts à utiliser les sanctions pour saper la stabilité politique intérieure» de son pays, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a plaidé en faveur de nouveaux mécanismes de coopération internationale.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est exprimé le 13 septembre au sujet de l'opération militaire russe en cours en Ukraine qui, selon lui, se déroule simultanément à l'intensification des efforts menés par l'Occident pour nuire à la Russie.

Le but est ouvertement déclaré : détruire notre économie, pousser notre pays dans "l'arrière-cour" de la politique mondiale

«L’Occident mène une véritable guerre hybride contre la Russie depuis de nombreuses années. Après le lancement forcé de l’opération militaire spéciale, cette guerre est devenue sans précédent. Le but est ouvertement déclaré : détruire notre économie, pousser notre pays dans "l'arrière-cour" de la politique mondiale», a ainsi déclaré le chef de la diplomatie russe lors d'une réunion du Conseil d’affaires du ministre des Affaires étrangères.

Sergueï Lavrov a également dénoncé «les appels ouverts à utiliser les sanctions pour saper la stabilité politique intérieure» de son pays. «Dans le contexte de la crise mondiale provoquée par les Etats-Unis et leurs satellites, on assiste à un réexamen systémique et à un reformatage des relations économiques mondiales», a-t-il considéré.

Lavrov plaide en faveur de nouveaux mécanismes de coopération internationale

Dans ce contexte, le haut diplomate russe a estimé qu'il était important de mettre en place de nouveaux mécanismes de coopération visant à «remplacer les instruments traditionnellement utilisés par l'Occident pour maintenir et renforcer sa domination au détriment des autres pays». «Il s’agit de l'utilisation élargie des monnaies nationales, des systèmes de paiement souverains, de la baisse progressive du rôle du dollar et de l'euro dans le commerce international, ainsi que de la création d'une nouvelle infrastructure qui n'est pas contrôlée ou manipulée par l'Occident, qui comprendrait des couloirs de transport internationaux et des chaînes de production et de distribution», a développé Sergueï Lavrov.

Et le ministre russe de se féliciter du fait que, selon lui, «la majorité absolue des Etats dans le monde envisage de créer des conditions stables pour mener une activité économique extérieure en se basant sur leurs propres intérêts nationaux, et non sur les directives et mécanismes imposés de l'étranger».

Ces propos du chef de la diplomatie russe font écho à ceux tenus la veille par son homologue chinois qui a fait savoir que la Chine était disposée à travailler avec la Russie afin de «mettre en œuvre, en permanence, l'esprit de coopération stratégique de haut niveau entre [les] deux pays, de sauvegarder [leurs] intérêts communs et de promouvoir le développement de l'ordre international dans une direction plus juste et raisonnable».

La Russie cherche à renforcer ses liens avec les pays asiatiques, notamment la Chine, tel que l'a réaffirmé le président russe à l'occasion du Forum économique oriental qui s'est récemment tenu à Vladivostok. Cette dynamique s'explique en partie par les sanctions qu'a multiplié ces dernières années l'Occident à l'encontre de la Russie. Faute d'avoir permis des perspectives de résolution diplomatique du conflit en Ukraine, ces sanctions antirusses ont jusqu'à présent donné lieu à une dégradation inédite des relations entre les chancelleries concernées et Moscou. Le phénomène est particulièrement palpable à l'aune de la crise énergétique qui frappe le Vieux continent.

Depuis l'annonce par Vladimir Poutine, le 24 février 2022, du lancement d'une opération militaire en Ukraine, le conflit qui s'y déroule oppose frontalement la Russie, aux côtés des forces des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, à l'armée ukrainienne qui, de son côté, bénéficie d'un important soutien occidental, notamment américain, tant sur le plan financier que militaire.