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Somalie : au moins 21 morts dans l'attaque d'un hôtel de Mogadiscio par les islamistes shebab

Un hôtel de Mogadiscio a été attaqué dans la nuit du 20 au 21 août par des islamistes armés qui ont tué au moins 21 civils. Il s'agit de la plus grave attaque dans la capitale somalienne depuis l'entrée en fonction du président Hassan Sheikh Mohamud.

Le bilan de l'attaque d'un hôtel de Mogadiscio par des islamistes radicaux shebab, qui a duré 30 heures et s'est terminée le 20 août vers minuit, s'est établit à «21 morts et 117 blessés» a annoncé dans la matinée du 21 août le ministre somalien de la Santé, Ali Haji Adan.

Le 21 août, les proches des personnes portées disparues dans l'attaque attendaient des nouvelles de parents à l'issue de l'attaque associant explosion d'une bombe et tirs d'armes à feu menée par des islamistes shebab, un groupe affilié à Al-Qaïda.

Les terroristes éliminés après un siège des forces de sécurité

Les forces de sécurité ont mis fin à l'attaque dans la nuit, annonçant la mort de tous les assaillants. Les secours tentaient de retrouver d'éventuels survivants parmi les décombres le 21 août au matin tandis que les abords de l'hôtel aux accès fermés étaient calmes et que des experts s'employaient à détecter d'éventuels explosifs.

L'hôtel a subi de lourds dégâts pendant le face-à-face entre les shebab et les forces de sécurité, certaines parties du bâtiment s'étant effondrées. Cette attaque, revendiquée par les shebab, est la plus grave à Mogadiscio depuis l'entrée en fonction du nouveau président Hassan Sheikh Mohamud en juin, après des mois d'instabilité politique. Elle met en lumière le défi que représente pour lui l'insurrection islamiste, qui dure depuis 15 ans face au gouvernement fédéral.

Les victimes ont été touchées principalement dans les premières heures de l'attaque

Le commissaire de police Abdi Hassan Mohamed Hijar a précisé à la presse que «106 personnes, dont des femmes et des enfants», ont été secourues par les forces de sécurité pendant le siège qui s'est terminé vers minuit. «Les victimes ont été touchées principalement dans les premières heures de l'attaque», a-t-il ajouté.

Le porte-parole des shebab, Abdiaziz Abu-Musab, a déclaré le 20 août sur leur station, Radio Andalus, que le groupe avait «infligé de lourdes pertes» aux forces de sécurité. Selon une femme témoin, Hayat Ali, trois enfants d'une même famille, âgés de quatre à sept ans, ont été retrouvés par les forces de sécurité, en état de choc, cachés dans les toilettes de l'hôtel.

Le 21 août au matin, des dizaines de personnes à la recherche de nouvelles de leurs proches étaient rassemblées dans la rue menant à l'hôtel, mais se trouvaient bloquées à distance par les forces de sécurité.

Pluie de condamnations internationales

L'hôtel, où se trouvaient nombre de personnes au moment de l'attaque, était un lieu de rencontre prisé des responsables gouvernementaux. Les alliés de la Somalie, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et la Turquie, ainsi que l'ONU, ont fermement condamné l'attaque.

«Nous exprimons nos sincères condoléances aux familles qui ont perdu des proches, souhaitons un rétablissement complet aux blessés et félicitons les forces de sécurité somaliennes», a déclaré le département d'Etat américain.

Les shebab ont été chassés des principales villes de Somalie, dont Mogadiscio en 2011, mais restent implantés dans de vastes zones rurales. Ces derniers mois, ils ont intensifié leurs attaques. le 17 août, l'armée américaine avait annoncé avoir tué dans une frappe aérienne 13 miliciens shebab qui s'attaquaient à des soldats des forces régulières somaliennes dans une zone reculée de ce pays de la Corne de l'Afrique.

En mai, le président américain Joe Biden avait décidé de rétablir une présence militaire en Somalie pour y combattre les shebab, approuvant une demande du Pentagone qui jugeait trop risqué et peu efficace le système de rotations décidé par son prédécesseur Donald Trump à la fin de son mandat.  Le nouveau président somalien Hassan Cheikh Mohamoud a estimé le mois dernier qu'une approche militaire était insuffisante pour mettre un terme à l'insurrection des shebab.

Début août, le Premier ministre Hamza Abdi Barre a annoncé la nomination d'un ancien dirigeant des shebab, devenu homme politique, au poste de ministre des Affaires religieuses. Muktar Robow, alias Abou Mansour, avait publiquement fait défection en août 2017 du mouvement qu'il avait contribué à fonder.