France

Guadeloupe : «L'Etat ne négociera pas pour abroger une loi de la République», affirme Lecornu

Le ministère des Outre-mer Sébastien Lecornu a fermé la porte à l'abrogation de l'obligation vaccinale des personnels de santé et des pompiers en Guadeloupe, au lendemain de l'intrusion de manifestants dans l'hémicycle du Conseil régional.

Après l'irruption de manifestants anti-pass sanitaire dans l'hémicycle du Conseil régional de Guadeloupe le ministère des Outre-mer Sébastien Lecornu a déclaré, ce 24 décembre à l'AFP, que «l'Etat ne négociera pas pour abroger une loi de la République votée au Parlement».

[Il n'y a] aucune marge de négociation pour abroger une loi de la République votée par le Parlement

Le ministère a s'est exprimé en ces termes : «L'Etat est présent pour trouver des solutions sur son champ de compétence, comme il le fait avec les maires sur la jeunesse [mais il n'y a] aucune marge de négociation pour abroger une loi de la République votée par le Parlement». Il s'agit en l'occurrence de la loi obligeant les personnels de santé et pompiers à être vaccinés pour travailler. Pas question non plus pour l'exécutif d'accorder une quelconque amnistie pour ceux qui auraient commis des violences sur les forces de l'ordre dans le cadre de la crise sociale qui secoue l'archipel depuis début novembre. 

Le président de la Région Guadeloupe pourra «négocier sur les compétences qui sont les siennes»

Des manifestants opposés à l'obligation faite au personnel soignant et aux pompiers de se vacciner contre le Covid-19 ont envahi le 23 décembre en fin de matinée l'hémicycle du Conseil régional de la Guadeloupe et y ont pour certains passé la nuit.

Ils doivent décider ce jour de la suite à donner au mouvement. Le collectif de manifestants a indiqué dans un communiqué qu'il entend faire pression sur les élus et obtenir de l'Etat «l’arrêt de toutes les sanctions et suspensions de rémunérations prises contre des milliers de salariés du public et du privé [refusant de se faire vacciner]».

Le ministère des Outre-mer – qui suit de près les événements et est en contact avec le président de la région Ary Chalus – a précisé que ce dernier ainsi que les conseillers régionaux avaient pu quitter le bâtiment du conseil régional dans la nuit. 

La Région a qualifié cette intrusion d'acte d'une «violence inédite», mais Ary Chalus a accepté le 23 décembre de recevoir une délégation de 10 manifestants. Selon un syndicaliste, «il s'est engagé à [leur] obtenir une réunion avec les parlementaires mardi [4 décembre]». Ary Chalus «peut négocier sur les compétences qui sont les siennes», mais ne peut pas engager l'Etat, a cependant précisé le ministère.  

Dans son communiqué, le collectif de manifestants justifie «l’installation d’un piquet de grève populaire à l’hôtel de Région», pour obtenir, outre l’arrêt des sanctions et suspensions de rémunérations, et «l’ouverture de négociations sur le cahier de revendication» qui a fait l’objet d'un protocole d’accord de méthode signé avec les élus de Guadeloupe le 10 décembre.