France

Campagne de vaccination anti-Covid : la France est-elle en retard ?

Le nombre de vaccinations contre le coronavirus peine à augmenter en France. Le gouvernement semble avoir revu ses objectifs de moyen terme qui paraissent moins ambitieux que dans d'autres pays.

Alors que les campagnes de vaccination contre l'épidémie de Covid-19 ont débuté sur les chapeaux de roues dans plusieurs pays du monde, le nombre de personnes qui se sont vues administrer le vaccin en France augmente lentement. Le site CovidTracker, créé par le data scientist Guillaume Rozier et qui permet de suivre l’évolution de l’épidémie en France et dans le monde, indique le chiffre de 70 personnes vaccinées sur le territoire français depuis le 27 décembre, date du lancement de la campagne de vaccination en France. D’après LCI, les prochaines vaccinations ne concerneront que 23 établissements de Paris, Lyon, Lille et Tours, avant de s’intensifier pour atteindre une centaine de lieux après les deux premières semaines de janvier.

A titre de comparaison, plus de 800 000 Britanniques et plus de deux millions d'Américains ont déjà reçu le vaccin Pfizer-BioNTech, selon le groupe de data-analystes Our World in Data

Un retard qui est assumé par le ministre de la Santé, Olivier Véran, interrogé sur France 2 le 29 décembre. «Nous avons fait en France un autre choix, que je revendique, qui est de s'appuyer sur les médecins, les professionnels de santé et de vacciner les personnes âgées en Ehpad, et non pas de les faire se déplacer par exemple», précise le ministre avant de poursuivre : «Ca prend un peu plus de temps au démarrage, ce délais je l'assume, il est même revendiqué.» Le ministre s'est félicite du «recul» pris par la France rapport à certains pays voisins citant le cas de huit personnes qui avaient reçu accidentellement cinq doses de vaccin contre le Covid-19 en Allemagne. « D'ici à la fin du mois de janvier, nous auront rattrapé ce décalage vis-à-vis de tout le monde et l'objectif est le même», assure le ministre de la Santé.

Un tournant stratégique de la part du gouvernement ?

Le changement de stratégie a déjà été assumé le 28 décembre sur Europe 1 par le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale anti Covid-19 Alain Fischer, qui a estimé qu'il ne fallait «pas se précipiter» pour vacciner le plus de personnes possible.

Pour le «monsieur vaccin» du gouvernement, la lenteur de la stratégie vaccinale française «donne le temps de faire les choses bien en termes de sécurité, d'efficacité, d'organisation et d'éthique avec le consentement». Et au médecin de rappeler que la France est le seul pays à demander un consentement par écrit avant l'injection. «C'est la bonne façon de faire», a-t-il conclu. 

Un calendrier de vaccination a été établi par le gouvernement le 26 décembre. Celui-ci prévoit un million d'injections parmi les personnes âgées de plus de 75 ans et professionnels de santé de plus de 65 ans et/ou ayant des risques de développer des formes graves de la maladie. Dans les deux premières semaines de janvier, la vaccination s’intensifiera pour atteindre une centaine d’établissements pour personnes âgées, puis devenir «massive» à partir de mi-janvier, selon l’entourage d’Olivier Véran cité par l'AFP.

Tous les plus de 65 ans devront ensuite être vaccinés jusqu’au printemps, avant que le reste de la population âgée de 16 ans et plus ait accès au vaccin. Le gouvernement s’est fixé l’objectif de «15 millions de vaccinations à l’horizon de cet été», a précisé Matignon.

Une échéance légèrement plus éloignée que ce qu’il avait annoncé. Le tournant stratégique a eu lieu ces dernières semaines. Le 15 décembre, le président du Conseil scientifique, Jean-Claude Delfraissy, semblait plus ambitieux dans les colonnes du Parisien en demandant encore quelques efforts aux Français «jusqu'à fin avril, voire mai, pour immuniser les 22 millions les plus à risque».

Finalement, d’ici la mi-janvier, la France devrait avoir reçu plus d’1,8 million de doses du vaccin, de quoi pouvoir lancer la première phase du plan gouvernemental de vaccination.