France

«Criminalité du quotidien», «Coût exorbitant» : Marine Le Pen veut renvoyer les mineurs isolés

Marine Le Pen estime nécessaire la «refonte totale de la politique concernant les mineurs isolés». La présidente du RN propose ainsi de mettre en place «la technique des tests osseux» et de «rapatrier dans leur pays d'origine» les mineurs isolés.

Dans un communiqué publié le 29 septembre sur le site du Rassemblement national (RN), intitulé «Pour une refonte totale de la politique concernant les mineurs isolés», la présidente du parti Marine Le Pen a estimé nécessaire le renvoi des mineurs isolés dans leur pays d'origine en raison de la «criminalité du quotidien» qu'ils génèrent, selon elle, et de leur «coût financier exorbitant». 

«La criminalité du quotidien générée par ces présumés mineurs, qui mène désormais jusqu'au terrorisme, mais aussi le coût financier exorbitant des prestations, montrent les carences et les risques multiples qui pèsent sur la vie des Français du fait des choix politiques des gouvernements successifs», peut-on lire dès les premières lignes du document.

«Les véritables mineurs isolés n'ont pas à rester sur notre territoire»

Afin d'étayer ses propos, Marine Le Pen se réfère aux forces de l'ordre qui constateraient «partout une explosion des affaires mettant en cause des mineurs dits "isolés" notamment dans les affaires de violences à personnes ou de cambriolages». Quant à leur coût «exorbitant», celle-ci met en avant un rapport du Sénat de 2017 selon lequel les dépenses de l'Etat français pour ces mineurs étrangers aurait été évaluée à «près de 2 milliards d'euros» par an.

Ainsi, deux solutions sont développées dans ce communiqué du RN. La première réside dans la mise en place généralisée de «la technique des tests osseux» qui permet «la vérification des déclarations de minorité». Marine Le Pen considère que celle-ci «doit être rendue obligatoire avant toute attribution de ce statut», et compte déposer une proposition de loi à cet égard.

Ensuite, pour la députée RN du Pas-de-Calais citant les articles 19 et 20 de la Convention de l'ONU relative aux droits de l'enfant, «c'est aux Etats de protéger leurs enfants. Par conséquent, les véritables mineurs isolés n'ont pas à rester sur notre territoire, mais ils doivent en lien avec l'UNICEF et les ONG spécialisées sur ces questions, être rapatriés dans leur pays d'origine afin d'y être protégés et de retrouver leur foyer».

Ce communiqué du RN fait suite à l'attaque au hachoir du 25 septembre, qui a fait deux blessés graves à proximité des anciens locaux du journal Charlie Hebdo, mettant «sous le feu de l'actualité la question des mineurs étrangers isolés», est-il écrit dans ce document. L'assaillant présumé de cette attaque est un homme disant avoir 18 ans alors qu'il a en réalité 25 ans, et qui a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance dans le Val-d'Oise.

De son côté, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a promis le 29 septembre de se pencher sur cette question sensible des mineurs isolés.

«Le préfet du Val-d'Oise et le département», où l'assaillant avait bénéficié d'une aide sociale à l'enfance, «ont fait leur travail, et le test osseux a certes été refusé par le juge, mais il n'est pas à 100% bon», a déclaré Gérald Darmanin devant l'Assemblée nationale lors des questions au gouvernement.