France

Un député LREM condamné pour «harcèlement sexuel» sur une ancienne collaboratrice parlementaire

Le conseil de prud’hommes de Bourg-en-Bresse a condamné le député LREM de l'Ain Stéphane Trompille dans une affaire de «harcèlement sexuel» sur une ancienne collaboratrice. L'élu mis en cause a décidé de faire appel. Il n'est pas exclu de son groupe.

Comme le rapporte Le Progrès, le député LREM de l'Ain Stéphane Trompille a été condamné, le 25 mai, par le conseil des Prud’hommes de Bourg-en-Bresse pour des faits de «harcèlement sexuel sur l’une de ses anciennes collaboratrices».

«La justice a par ailleurs jugé nul le licenciement de cette jeune femme et "sans cause réelle et sérieuse" celui d’un autre collaborateur parlementaire, qui avait également engagé des démarches contre l’élu», explique le quotidien régional, précisant que Stéphane Trompille a d'ores et déjà décidé de faire appel. Ironie de l'histoire : le député mis en cause s'était montré particulièrement attaché à la thématique du harcèlement sexuel, se félicitant par exemple publiquement, à l'été 2019, du fait que son épouse «ait été élue référente harcèlement sexuel et agissements sexistes dans son CSE».

Les faits reprochés à l'élu remontent à 2017, quand une de ses anciennes collaboratrices s'est vu prescrire un arrêt de travail quatre mois après avoir signé son CDI. Elle aurait été victime de «propos intimes inappropriés», relate alors l'antenne Auvergne
Rhône-Alpes de France 3 avant de citer l'avocate de la jeune femme selon qui il s'agissait d'«un harcèlement sexuel d'ambiance». L'ancienne collaboratrice a finalement été licenciée peu après pour «travail insuffisant». «Au-delà des grivoiseries, blagues ou plaisanteries de mauvais goût, cette salariée a subi dans son quotidien de travail ce que j'appelle une maltraitance intime [...] Elle était la seule femme salariée dans une équipe à dominante masculine», estimait en février l'avocate, toujours citée par France 3. Les syndicats de collaborateurs parlementaires avaient alors accusé le patron des députés LREM, Gilles Le Gendre, d'allégations mensongères alors qu'il affirmait ne pas avoir «connaissance de cas précis suspects» de harcèlement moral et sexuel à l'Assemblée.

Dans un communiqué, sept organisations syndicales (CFE-CGC, CFTC, CGT, CFDT, SNCP-FO, Solidaires et Unsa) lui reprochaient de «fermer une nouvelle fois les yeux» sur un sujet qui «entache notre institution de façon inédite quant à son ampleur depuis le début de la présente législature».

Alors que plusieurs députés LREM réclament l'exclusion de Stéphane Trompille de son groupe parlementaire, Gilles Le Gendre a fait savoir qu'au «stade actuel» de la procédure, il n'envisageait pas de sanctions à l'endroit du député de l'Ain.

Ce n'est pas la première affaire incommodante pour l'image de cet élu de l'Ain qui, dans un tout autre registre, s'était illustré au mois de décembre 2018 dans une altercation avec des Gilets jaunes de son voisinage. Une vidéo de l'accrochage avait alors été partagée sur les réseaux sociaux, montrant le député faire face, physiquement, à des concitoyens vêtus de jaune. Il avait plus tard commenté l'épisode expliquant avoir agi après des menaces à son encontre.