France

Sondage : 75% des Français attendent une modification ou un retrait de la réforme des retraites

Une récente enquête pour FranceInfo et Le Figaro indique qu'une forte majorité de Français veut abandonner ou modifier la réforme de la retraite du gouvernement, et soutient largement la mobilisation contre celle-ci, initiée le 5 décembre.

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour FranceInfo et Le Figaro publié le 3 janvier, 75% des Français ont un avis défavorable envers la réforme des retraites, en voulant soit «que le gouvernement abandonne son idée d’âge pivot de 64 ans» (46%), soit qu’il «renonce purement et simplement à sa réforme» (29%). Seuls 24% des Français souhaitent «que le gouvernement conserve intégralement son projet de réforme actuel».

Par ailleurs, alors que le mouvement syndical contre la réforme des retraites initié le 5 décembre 2019 entame son deuxième mois de mobilisation, 61% des Français l’estiment toujours justifié, particulièrement pour les sympathisants de La France insoumise (LFI) et ceux du Rassemblement national (RN).

Désaveu global

Désormais portée par le secrétaire d’Etat chargé des retraites et député la République en marche (LREM) Laurent Pietraszewski, la réforme des retraites est donc loin de faire l’unanimité chez les Français, toutes tendances politiques confondues, excepté chez les sympathisants LREM.

En effet, d'après ce sondage, les individus interrogés, issus des divers partis politiques, de La France insoumise au Rassemblement national, sont très majoritaires à vouloir modifier ou renoncer à la réforme. Du côté de la gauche, les sympathisants du Parti socialiste (PS) sont 85% à souhaiter la modifier voire y renoncer, 81% chez Europe Ecologie Les Verts (EELV) et... 99% chez LFI.

C'est d'ailleurs ce qu'exprimait sur Twitter Manuel Bompard, député européen LFI, peu de temps avant les vœux du président français, lui préconisant alors de «retire[r] [s]on mauvais projet de retraites par points».

Le député européen de gauche Emmanuel Maurel a, quant à lui, adressé ses remerciement «aux salariés en lutte», leur apportant son soutien : «Les grévistes se battent pour nous toutes et tous, pour une certaine idée du modèle social français.»

Du côté de la droite, les sympathisants du RN sont globalement sur la même longueur d'onde, 79% d’entre eux étant favorables à la modification ou au retrait de la réforme. Suivent ensuite les sympathisants Les Républicains (LR) dont 55% souhaitent soit un renoncement total à la réforme (13%), soit un recul sur l’âge pivot (42%).

Laurent Jacobelli, porte-parole du RN, a ainsi témoigné sa vive amertume envers le projet, le jugeant «inutile et injuste» puisque «les Français devront cotiser plus longtemps, pour toucher moins...»

Dénonçant sur Twitter «la politique familiale menée en France depuis plusieurs années» qui «est largement défavorable aux femmes» selon elle, la députée LR Valérie Boyer souligne, quant à elle, un autre aspect de la réforme : «Les femmes risquent d’être une fois de plus les grandes oubliées de la réforme des retraites notamment avec la suppression des 8 trimestres par enfant.»

Seule éclaircie au tableau pour le gouvernement, une majorité confortable des sympathisants du parti au pouvoir demeure favorable à la réforme des retraites. Même si 42% d'entre eux affirme vouloir abandonner l’âge pivot, mesure phare du projet.

Une mobilisation majoritairement soutenue

Même si la mobilisation contre la réforme des retraites perd un peu de soutien, avec une baisse de 5 points d’avis favorable depuis le 19 décembre, elle demeure toujours majoritairement soutenue par les Français, 61% l’estimant justifiée. Avant ses débuts, le 4 décembre, l’engouement envers la mobilisation intersyndicale était de 68%.

Un soutien qui suit des lignes très politiques : les sympathisants LFI et RN, respectivement à 88% et 71%, se déclarent ainsi favorables à la mobilisation. Les sympathisants PS demeurent majoritairement «pour», à 63%, de même que les LR, à 56%. Sans surprise, les proches de LREM sont les seuls à ne pas soutenir la mobilisation, puisqu’une large majorité d’entre eux, 79%, la trouvent injustifiée.

Enfin, en dehors du simple prisme politique, un autre élément s'inscrit comme ligne de démarcation au soutien ou non du mouvement : l’âge des personnes interrogées. Ce sont ainsi les plus de 65 ans qui y sont le plus hostiles (60%), tandis que ceux nés après 1975, année de naissance d’entrée en vigueur de la réforme, soutiennent à 73% le mouvement.

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