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Le Drian: «Il faut discuter avec Poutine, parce que la Russie a des intérêts communs avec la France»

Le chef de la diplomatie française a affirmé ce 16 octobre qu'il fallait «discuter» avec le président russe Vladimir Poutine sur la situation en Syrie. «La Russie a des intérêts communs avec la France», a estimé Jean-Yves Le Drian.

Invité ce 16 octobre sur RMC et BFM TV, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a commenté la situation en Syrie où l'armée turque continue de mener une offensive contre des milices kurdes dans le nord-est du pays.

Réagissant au fait que le chef d'Etat turc, Recep Tayyip Erdogan, avait accepté de se rendre à Moscou afin de rencontrer son homologue russe concernant le dossier syrien, Jean-Yves Le Drian a déclaré : «Il faut discuter avec Vladimir Poutine parce que la Russie a des intérêts communs avec la France dans cette partie de la Syrie.»

La Russie fait ce qu'elle entend faire sur le reste de la Syrie

Relancé sur la question des rapports entre la Russie et le gouvernement de Bachar el-Assad, le ministre français des Affaires étrangères a poursuivi : «La Russie fait ce qu'elle entend faire sur le reste de la Syrie.» Jean-Yves Le Drian a insisté : «Notre ennemi c'est Daesh. C'est Daesh qui nous a frappé au cœur et nous devons les combattre part tous les moyens.»

Le Drian va se rendre en Irak pour discuter d'un «dispositif» pour juger les djihadistes

Lors de la même interview, il a fait savoir que les camps sous contrôle kurde où sont détenus des djihadistes dans le nord-est de la Syrie ne sont pas actuellement menacés par l'offensive turque en cours. «A ma connaissance, à l'heure actuelle, l'offensive turque et le positionnement des FDS [alliance kurdo-arabe] n'ont pas abouti à ce que ces camps-là, qui sont essentiellement dans l'est du nord-est syrien, soient menacés dans [leur] sûreté et sécurité indispensables», a-t-il relevé.

Il [faut] faire en sorte, avec les autorités irakiennes, que l'on puisse trouver les moyens d'avoir un dispositif judiciaire susceptible de juger l'ensemble de ces combattants

Poursuivant, il a annoncé qu'il allait discuter avec les autorités irakiennes à Bagdad de la création d'un «dispositif» pour juger les djihadistes. «Il [faut] faire en sorte, avec les autorités irakiennes, que l'on puisse trouver les moyens d'avoir un dispositif judiciaire susceptible de juger l'ensemble de ces combattants, y compris a priori les combattants français», a-t-il affirmé.

Preuve que Moscou – présent en Syrie à la demande des autorités syriennes – est un acteur incontournable sur le terrain, Damas a mené des entretiens avec les Kurdes sur la base russe de Hmeimim, alors que la Turquie annonçait le début d'une nouvelle opération militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) soutenue par les pays occidentaux, mais bête noire d'Ankara.

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