France

«Dérive autoritaire du monarque Macron» ? La classe politique dénonce la perquisition de Mediapart

Le média d'investigation a fait l'objet d'une tentative de perquisition, après avoir révélé des enregistrements compromettants pour Alexandre Benalla. Les politiques, de droite comme de gauche, y voient une volonté du pouvoir d'étouffer l'affaire.

De nombreuses personnalités politiques, de part et d'autre de l'échiquier politique, ont réagi ce 4 février à la tentative de perquisition des locaux de Mediapart. Deux procureurs, accompagnés de trois policiers, se sont en effet rendus, dans la matinée, dans les locaux du média, dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet pour atteinte à la vie privée d'Alexandre Benalla.

Le média d'investigation en ligne, invoquant la protection de ses sources, a expliqué avoir refusé la perquisition. Mediapart avait révélé le 31 janvier une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase remontant à fin juillet. Ces extraits audio prouvaient que les deux hommes avaient menti au Sénat. Le premier s'était notamment vanté de bénéficier du soutien d'Emmanuel Macron.

«Avec Macron, l'information à sens unique ?», s'est interrogé le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, rappelant qu'Emmanuel Macron souhaitait «subventionner des médias "neutres" pour lutter contre les fake news».

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«Mediapart révèle que Benalla a violé les obligations de son contrôle judiciaire... et c’est Mediapart que la justice veut bâillonner ! On appelle cela "tuer le messager"», a fait remarquer Alain Houpert, membre du bureau politique des Républicains.

A gauche également, le ton était à l'indignation face à la tentative de perquisition dont a fait l'objet le site d'investigation. Ugo Bernalicis, député de La France insoumise (LFI), a commenté : «Ces perquisitions [montrent] l'usage politique de la justice et de la police à nouveau. Si le sujet n'était pas si grave, je dirais presque "bienvenue au club".»

«La dérive autoritaire du monarque Macron est sans limite», s'est inquiétée l'élue Insoumise Danielle Simonnet.

Le dirigeant du parti Génération.s, Benoît Hamon, a défendu la protection des sources, tweetant : «L'ingérence du pouvoir dans le travail de Mediapart est une nouvelle dérive autoritaire.»

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