France

De nouvelles révélations pourraient mettre en doute la défense d'Alexandre Benalla et de l'Elysée

Nettoyage express avant perquisition, projet de réorganisation du GSPR ou nouvelle photo montrant une nouvelle interpellation d'un manifestant par Benalla : trois récents éléments pourraient mettre en doute la défense de l'ex-chargé de mission.

Quel a été le rôle d'Alexandre Benalla lors des événements du 1er mai et quelles sont ses véritables missions auprès de l'Elysée ? Tout reste flou. Le mystère s'épaissit d'autant plus avec les dernières informations dévoilées par la presse. Si Alexandre Benalla atteste qu'il s'est cantonné au rôle d'«observateur», sans procéder à aucune interpellation, un nouveau cliché vient contredire cet élément de défense. Une photo de l'agence Alamy montre Alexandre Benalla, aux côtés de Vincent Crase (employé de La République en marche) et du policier de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC), Philippe Mizerski. Les trois hommes sont photographiés en train de se saisir d'un homme, visiblement un manifestant.

Par ailleurs, Le Canard enchaîné donne des détails plutôt troublants de la perquisition au domicile d'Alexandre Benalla, le 20 juillet au soir. Tout d'abord, les policiers, ne parvenant à ouvrir la porte d'entrée, font appel à un serrurier qui ne réussit pas, non plus, à déverrouiller la porte. Le Canard enchaîné écrit ainsi : «Avec une incroyable désinvolture, ils apposent, en guise de scellé, un simple autocollant sur la porte d'entrée.»

Perquisition ubuesque et armes non-déclarées

Le serrurier et les policiers reviennent le lendemain. Et miracle, ils arrivent cette fois-ci à crocheter la serrure. Mais oh surprise ! Le coffre, censé être le réceptacle supposé de tout un arsenal d'armes d'Alexandre Benalla, est vide. Les policiers auraient ainsi demandé à l'ancien chargé de mission de l'Elysée les raisons de ce nettoyage. Il aurait simplement avancé l'intervention d'un «ami», les policiers ne cherchant pas à en savoir plus. Le Monde donne plus de détails, avec cette question posée par un policier lors de la garde-à-vue : «Pouvez-vous nous dire où se trouvent cette armoire et ces armes ?», demande un enquêteur. «Aucune idée», aurait répondu Alexandre Benalla. Le Canard enchaîné dévoile qu'après la révélation de cette turlupinade par le syndicat de police Vigi auprès d'un juge, Alexandre Benalla aurait alors remis ses armes à la justice. Lors de cette visite policière à Issy-les-Moulineaux, les policiers auraient également trouvé un gyrophare bleu ou une rampe lumineuse de police.

Par ailleurs, lors d'une perquisition le 25 juillet dans le bureau d'Alexandre Benalla, situé à l'Elysée, les policiers auraient découvert, selon Le Monde, «une proposition de plan de transformation organisationnelle des services», notamment la réorganisation de la sécurité présidentielle. Une note qui serait datée du 5 juillet. Cela pourrait éventuellement remettre en cause toute rétrogradation interne d'Alexandre Benalla, évoquée par le porte-parole de l'Elysée Bruno Roger-Petit le 19 juillet.

Enfin, les procès verbaux d'audition auxquels Le Monde a eu accès révèlent que, contrairement à ce qu'il avait dans un premier temps affirmé, Vincent Crase était bien armé d'un Glock 17 le 1er mai. Il s'agissait, selon ses propres déclarations citées par le quotidien, d'une arme appartenant à La République en marche : «Cette arme n’est pas à mon nom, elle appartient à LRM, elle est réservée pour la défense du site LRM». 

Toujours selon les informations très détaillées du Monde, une visite de courtoisie de la police judiciaire aux locaux d'En marche ! aurait également permis d'établir qu'il y avait deux autres pistolets au siège du parti. Selon le journal, aucun des trois Glock n'est déclaré car la demande de Vincent Crase à la gendarmerie était incomplète. Joint par L'Obs, Christophe Castaner a affirmé que ces informations étaient fausses à sa «connaissance» : «Ce ne sont pas des informations et à ma connaissance aucune "arme non déclarée" ne se trouve dans les locaux d'En Marche !. Il n'y a d'ailleurs pas eu de perquisition, mais un déplacement de la police judiciaire dans le cadre de l'enquête. Et il n'y a eu aucune saisie dans ce cadre.», a-t-il fait savoir.

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