France

Benalla : Philippe accuse l'opposition «d'alimenter les populismes et les théories du complot»

Auditionné à l'Assemblée nationale dans le cadre du débat sur les motions de censure de gauche et de droite, le Premier ministre Edouard Philippe a reproché à l'opposition de voir la main du gouvernement dans une affaire, selon lui, individuelle.

Montant à la tribune tel un boxeur ovationné, avant même de prendre la parole, par les députés LREM, le Premier ministre Edouard Philippe s'est montré particulièrement offensif envers l'opposition le 31 juillet à l'Assemblée nationale, où étaient débattues les deux motions de censure déposées par la gauche et la droite dans le cadre de l'affaire Benalla. Il a notamment fustigé des dérives «populistes» et des «théories du complot» alimentées selon lui par l'opposition, dont certains membres soupçonnaient que le gouvernement ait mis en place une véritable «police parallèle».

«Les faits apparaissent désormais clairement et ils ne permettent à personne d'évoquer je ne sais quelle milice parallèle, et d’alimenter les populismes et les théories du complot !» a-t-il notamment asséné sous les applaudissements nourris des députés marcheurs debout dans les tribunes.

Selon le Premier ministre, «les événements du 1er mai ne disent rien de la présidence de la République». Contraint de s'exprimer face aux motions de censure qu'il a en outre qualifiées de «motions de blocage» visant selon lui à retarder les réformes prévues par le gouvernement, il a à demi-mots accusé l'opposition de vouloir seulement servir ses intérêts en n'hésitant pas à former des alliances improbables pour nuire au président. Il a ainsi déclaré : «A travers cette affaire se joue tout autre chose que la recherche de la vérité. [...] Il y a des oppositions de rencontre, [...] Votre premier espoir c'est atteindre le président de la République [...] Vous n'y parviendrez pas.»

Un peu plus tôt, Edouard Philippe avait évoqué des «fautes individuelles» dans l'affaire Benalla, qualifiant notamment d'«actes inacceptables» les faits reprochés à l'ancien collaborateur de l'Elysée. Il a néanmoins immédiatement vanté la rapidité de réaction qui a caractérisé cette affaire, rappelant que lors de l'affaire Cahuzac, la commission d'enquête avait mis plus de temps pour se mettre en place. «La démocratie a fonctionné», a-t-il ainsi estimé.

Lors de son intervention, alors que les députés marcheurs s'étaient de nouveau levés de leur banc pour l'applaudir le Premier ministre a encore affirmé : «[Les faits] ne permettent à personne de parler de dérive monarchique, ni d'impunité.»

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