France

Antisémitisme, racisme anti-blanc : Mehdi Meklat va s'expliquer sur ses tweets haineux dans un livre

L’ancien journaliste du Bondy blog Mehdi Meklat a connu la tourmente en février 2017 lorsqu'ont été exhumés ses nombreux tweets racistes, homophobes ou antisémites. L'Express a révélé qu'il publierait un livre à l'automne pour s'en expliquer...

L'Express a annoncé le 26 mars que Mehdi Meklat, ancien journaliste du Bondy blog et chroniqueur sur France Inter, sortira un livre à la rentrée littéraire de septembre 2018. Cet ouvrage abordera la question de ses très nombreux de tweets – haineux, homophobes, racistes, antisémites et misogynes  dont il a abreuvé son compte Twitter durant des années.

Cité par l'AFP, Olivier Nora, patron de Grasset qui publiera l'ouvrage, a estimé que le livre offrait une «contribution […] de nature à ouvrir les yeux de tous sur le sens des mots dans la génération 2.0».

«Faites entrer Hitler pour tuer les juifs», «LES BLANCS VOUS DEVEZ MOURIR»...

En février 2017, le chroniqueur s’était attiré les foudres de l’opinion et de médias, lorsqu'a été épinglée sa logorrhée ininterrompue de tweets haineux écrits entre 2010 et 2015, à l’époque sous le pseudonyme de Marcelin Deschamps, qu’il qualifiera plus tard de «double maléfique». Lorsque ses tweets avaient refait surface, dans la tourmente, le chroniqueur avait supprimé... pas moins de 50 000 posts sur Twitter, dans la nuit du 18 au 19 février. Mais le mal était fait, car des captures d'écran s'étaient de ses tweets se propageaient sur sur la toile. Parmi ceux-ci, figuraient des messages comme : «Faites entrer Hitler pour tuer les juifs», «LES BLANCS VOUS DEVEZ MOURIR ASAP [aussi vite que possible].»

 

Défendu, avant que la polémique ne prenne de l'ampleur, par un journaliste des Inrocks qui trouvait son fil «drôle à mourir», Mehdi Meklat avait ensuite été largement déjugé par la profession, y compris par les Inrocks, dont le directeur de la rédaction avait dénoncé des propos «extrêmement grave[s] et choquant[s]». Même blâme de la part de Christiane Taubira qui avait posé en couverture de l’hebdomadaire avec Mehdi Meklat, accompagné de réactions scandalisées d'internautes sur les réseaux sociaux, et de personnalités telles qu'Alain Finkielkraut et Raphaël Enthoven ou d'associations antiracistes comme la Licra.

En réponse à l'avalanche de réactions outrées, Mehdi Meklat avait fait amende honorable, en tentant une ligne de défense. «Jusqu'en 2015, sous le pseudo "Marcelin Deschamps", j'incarnais un personnage honteux, raciste, antisémite, misogyne, homophobe sur Twitter», déclarait-il, tout en précisant que ce personnage fictif portait des valeurs tout à fait contraires aux siennes. 

«Mehdi n’a pas su contrôler Marcelin. Nous partagions peut-être parfois une certaine colère mais je la transformais en art quand Marcelin n'avait que la haine en lui», avait-il expliqué sur son compte Facebook. Or, les comportements et prises de parole du jeune homme ont rendu floue cette distinction entre «Marcelin Deschamps» et Mehdi Meklat, comme l'avait déjà relevé RT France.

Réagissant à la polémique le concernant en février 2017, dans un entretien donné à Télérama, Mehdi Meklat avait même annoncé quitter la France «quelque temps», se sentant «cible de la fachosphère», qui serait allée selon lui jusqu'à le menacer de mort.

Lire aussi : Racisme, antisémitisme... Quand les étranges tweets d'un ancien journaliste du Bondy Blog refont surface