France

«Retour en arrière», «collaboration»... Le «Rassemblement national» interpelle les adversaires du FN

Dans le cadre de la refondation du FN, Marine Le Pen a suggéré aux militants de renommer le parti «Rassemblement national». Si l’appellation a reçu l’approbation de responsables frontistes, des adversaires du parti y ont vu une référence extrémiste.

Particulièrement attendue, la proposition de Marine Le Pen pour renommer le Front national (FN) a été dévoilée, lors du discours de clôture du 16e congrès du parti à Lille, ce 11 mars. Elle a fait part de son souhait de voir le parti être désormais appelé «Rassemblement national». 

Du côté des cadres du parti, l'enthousiasme était de mise. Si les militants frontistes n'ont pas encore validé cette nouvelle appellation – ils sont invités à voter à ce sujet, par courrier – certains responsables l'ont déjà adopté. «Le Rassemblement national définit sans doute mieux ce que nous sommes aujourd’hui. Notre volonté est d’arracher la France au déclin, d’accéder aux responsabilités en rassemblant tous les Français», a ainsi twitté Nicolas Bay, vice-président du parti.

D’autres cadres du FN, à l’instar de Jean-Lin Lacapelle et de Wallerand de Saint-Just, respectivement secrétaire national et trésorier du parti, ont fait état sur Twitter de «l’ovation» et de l’«émotion» des militants, lorsque Marine Le Pen a annoncé le nouveau nom qu'elle entendait donner au parti. 

Les adversaires du FN dénoncent un leurre ou une référence collaborationniste

Certains adversaires politiques du FN, en revanche, n'ont pas manqué d'accuser le parti présidé par Marine Le Pen d'opérer un changement cosmétique, qui cacherait mal, selon eux, la persistance d'une idéologie extrémiste. 

«Rassemblement national remplace Front national mais on reste sur la même idéologie nauséabonde», a ainsi tweeté Luc Carvounas, député et l'un des quatre candidats à la direction du Parti socialiste.

«En mettant dans un même sac de "nomadisme" les expatriés fiscaux et les migrants, Marine Le Pen apporte la preuve qu’un changement de nom ne signifie pas changement de logiciel», a de même assuré le député La France insoumise (LFI), Adrien Quatennens‏.

Son camarade de parti, Alexis Corbière, avait quant à lui fustigé le nom «Rassemblement national» qu'évoquaient des observateurs, avant même qu'il soit officiellement proposé par Marine Le Pen. L'élu insoumis avait établi un parallèle entre ce nom et celui d'un ancien parti collaborationniste français : «S'il est exact que Marine Le Pen choisit Rassemblement national, pour remplacer FN, c'est troublant car cela évoque le Rassemblement national populaire (RNP) du collabo Marcel Déat. Une référence voulue ?»

Dans un second tweet, Alexis Corbière a, encore une fois, accusé le FN de puiser son inspiration dans la Collaboration.

Une référence historique également évoquée par le député La République en marche (LREM), Bruno Bonnell, dans son commentaire sur Twitter au sujet du «Rassemblement national».

Quant à l'ancien bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, il a jugé qu'elle avait renoué, dans son discours de clôture du congrès, avec «tous les clichés de l'extrême droite». Partant, le fondateur du parti Les Patriotes considère que le nom «Rassemblement national» symbolise ce «retour en arrière».

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