France

Les policiers attaqués à Champigny durant la Saint-Sylvestre racontent leur agression

Laurie, gardien de la paix de 25 ans et le capitaine B., agressés tous deux à Champigny la nuit du 31 décembre, ont témoigné dans leurs plaintes de la violence dont ils ont été victimes. Le Parisien relate quelques extraits de leur témoignage.

«Je me suis protégée avec les mains et me suis roulée en boule. J'ai pris des coups au visage, au ventre et sur les jambes» : le témoignage de Laurie, le gardien de la paix du commissariat de Chennevières-sur-Marne violemment agressée par une bande de jeunes la nuit du 31 décembre, a fini par filtrer. Le quotidien Le Parisien a pu prendre connaissance de sa plainte pour violences aggravées, déposée le jour même.

La jeune femme de 25 ans a déclaré que seuls deux garçons et deux filles avaient tenté de l’aider durant le passage à tabac dont elle a été victime, pour l’extirper de la mêlée. «Ils m'ont portée et m'ont amenée jusqu'à un véhicule de collègues stationné à proximité», a-t-elle décrit. Même à ce moment, les agresseurs continuaient à s’acharner sur elle. Transportée à l'hôpital Saint-Camille de Bry-sur-Marne, la policière s’est vu prescrire une Interruption temporaire de travail (ITT) de sept jours.

Le capitaine B., quant à lui, a déclaré dans sa plainte : «Nous marchions de front, lorsque j'ai reçu un violent coup dans le dos, porté par un manche en bois, de type manche de pioche. Mon gilet pare-balles a absorbé une partie du choc et j'ai réussi à maintenir mon équilibre.» Le capitaine s'est mis à courir, mais il a reçu un coup de pied au tibia qui l'a déséquilibré, puis un coup de poing au visage. «Cinq ou six personnes extrêmement belliqueuses se sont alors avancées vers moi. Le premier était toujours menaçant, j'ai sorti mon arme de service», a-t-il fait inscrire dans sa plainte.

A ce moment, les assaillants ont pris peur et se sont enfuis. Incapable de distinguer ses aggresseurs à cause du coup porté au visage, le policier s’est orienté à la lueur des gyrophares pour trouver du secours, puis a été transporté l'hôpital Bégin de Vincennes, où sept jours d'ITT lui ont été prescrits.

Aucune arrestation en lien avec l'agression n'a encore eu lieu. Les images de vidéosurveillance et des images amateurs sont toujours en cours d’analyse, d'après le parquet de Créteil, qui a précisé que le processus serait long.

Dans la nuit du 31 décembre 2017 au 1er janvier 2018, les deux policiers avaient été roués de coups lors d'une intervention pour rétablir l'ordre à l'occasion d'une soirée privée de réveillon, organisée dans un hangar d'une zone industrielle de cette commune de l'est de Paris. Venus tous deux à pied pour intervenir lors de cette rixe, ils se sont retrouvés isolés de leurs collègues et ont été pris à partie avec violence.

Lire aussi : Des policiers se mobilisent à Champigny, où les stigmates sont toujours visibles (IMAGES)