France

«Je n'ai rien en moi de Johnny»: Finkielkraut précise sa pensée sur la polémique des «non-souchiens»

S'estimant «l'objet d'une vindicte invraisemblable» après avoir déploré que, selon lui, seuls les «petits blancs» aient rendu hommage à Johnny Hallyday, Alain Finkielkraut dit ne rien comprendre à la polémique, et précise le fond de sa pensée.

«Le petit peuple des petits blancs est descendu dans la rue pour dire adieu à Johnny. Il était nombreux et il était seul. Les non-souchiens [non-Français de souche] brillaient par leur absence» : reprise en boucle sur les réseaux sociaux, une phrase prononcée par Alain Finkielkraut au sujet de l'hommage à Johnny Hallyday a provoqué une vive polémique. Dans l'émission Les Grandes Gueules sur RMC ce 11 décembre, le philosophe est revenu sur la controverse.

«Je n'ai rien en moi de Johnny, et je ne m'insurgeais pas contre l'absence des banlieues et de la diversité à cette manifestation, je la constatais», a expliqué Alain Finkielkraut. «Cette tempête (que j'ai déclenchée), je n'y comprends rien», a-t-il encore déploré, se disant «l'objet d'une vindicte absolument invraisemblable».

Une expression popularisée par Houria Bouteldja

Répondant aux internautes choqués par son utilisation de l'expression «souchiens», en référence aux Français de souche, il a précisé : «[L'expression] n'est pas de moi, je reprenais avec ironie une parole de la leader des Indigènes de la République, Houria Bouteldja, qui parlait de souchiens pour désigner les Français de souche. Je ne suis pas moi-même quelqu'un de souchien.»

Abordant le fond de sa pensée, Alain Finkielkraut a poursuivi : «Mon constat, c'est que le divertissement règne mais ne fait pas lien. Il n'a pas la fonction sociale que certains voudraient lui assigner. Il y a le rock et le rap, ce qui enthousiasme les vieux et fédère les jeunes, ce en quoi se reconnaît la France périphérique et ce qu'apprécie la France des banlieues.»

«Quand je dis "le petit peuple blanc", je le dis sans aucun mépris. Je prends acte de ce fait : il y avait une certaine classe sociale qui était là – la classe des oubliés, de la France périphérique. Il y avait le show-biz, mais je regrette que l'on puisse en France faire lien avec le divertissement», a encore déclaré le membre de l'Académie française.

Il a enfin taclé la député LREM Aurore Bergé, qui avait comparé la ferveur pour Johnny Hallyday avec celle qui entourait Victor Hugo. «La comparaison avec Victor Hugo me paraît ridicule. Johnny remplace Victor Hugo mais n'a pas cette fonction sociale qu'on voudrait lui attribuer parce qu'il ne fait pas lien», a insisté Alain Finkielkraut.

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