France

«La tronche de Macron ne suffira pas» : contexte favorable pour l'opposition aux sénatoriales ?

Avant les élections sénatoriales de septembre, certains candidats de l'opposition se voient pousser des ailes, au vu du contexte général de grogne des élus locaux envers le gouvernement, ainsi que de l'impopularité grandissante d'Emmanuel Macron.

L'état de grâce d'Emmanuel Macron est-il définitivement terminé ? C'est ce que semblent ressentir les candidats de l'opposition aux élections sénatoriales qui se tiendront à la rentrée pour le renouvellement de la moitié des sièges du Palais Bourbon. Ils en sont convaincus, le raz-de-marée de La République en marche (LREM) aux élections législatives ne se reproduira pas, après cinq mois de gouvernance. 

Hystérie macronienne

«L'atmosphère a clairement changé. La France a été sous hypnose macronienne, mais après une demi-douzaine d'annonces de l'exécutif faites contre les collectivités, les élus sont excédés», a confié au Figaro le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau.

Baisse de 300 millions d'euros des dotations des collectivités locales, coupes budgétaires de ces mêmes collectivités qui s’élèveront à 13 milliards d'euros d'ici la fin du quinquennat, diminution des emplois aidés... Un florilège de mesures qui ont tout pour déplaire aux élus locaux, et qui pourraient avoir des conséquences sur le scrutin sénatorial de septembre. 

Le fait de mettre la tronche de Macron sur la profession de foi ne suffira pas

«Le fait de mettre la tronche de Macron sur la profession de foi, cette fois, ne suffira pas. Je ne veux pas dire que les mesures annoncées nous arrangent, mais en tout cas elles nous dissocient clairement de LREM» a lâché au même quotidien Patrick Kanner, tête de liste PS dans le Nord. 

Des bâtons dans les roues ?

Par ailleurs, dans les rangs de La République en marche, tout le monde ne marche pas au pas, et certains comptent bien se faire entendre. Dans le Maine-et-Loire, un groupe de frondeurs a ainsi lancé une pétition adressée aux grands électeurs du département qui ont soutenu les candidats LREM aux législatives. Mécontents de la désignation d'Emmanuel Capus (LR) comme tête de la liste LREM aux sénatoriales dans le département, les marcheurs-frondeurs tentent ainsi d'obliger la Commission nationale d'investiture (CNI) à désigner une nouvelle tête de liste.

Une initiative locale qui rappelle celle d'un groupe de frondeurs, le collectif «Démocratie en marche», qui, si elle venait à se répéter ailleurs, pourrait mettre encore un peu plus de bâtons dans les roues du parti du président de la République dont la popularité a chuté ces derniers temps selon les sondages.

170 des 348 sièges seront renouvelés le 24 septembre lors des élections sénatoriales. 

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