France

Cédric Herrou, héros ou délinquant ? A Paris et à Breil-sur-Roya, les avis divergent (INTERVIEWS)

RT est allé à la rencontre de Parisiens et d'habitants de Breil-sur-Roya, la commune où réside le militant Cédric Herrou, condamné pour aide à l'immigration clandestine, afin de savoir ce qu'ils pensent de ce jugement.

Le 8 août dernier, l'agriculteur militant Cédric Herrou, principale figure de l'association d'aide et de défense des migrants Roya Citoyenne, a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour aide à l'immigration clandestine par la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Diversement appréciée par la classe politique et associative, qui y a tantôt vu la juste application de la loi, tantôt un jugement indigne, cette condamnation l'a également été par les Français à la rencontre desquels l'équipe de RT s'est rendue, à Paris comme à Breil-sur-Roya, le village de Cédric Herrou.

La plupart des personnes interrogées dans la capitale disent trouver «injuste» que le militant ait été condamné et saluent l'action de Cédric Herrou. Certains, tout en reconnaissant qu'il appartient au juge de décider du caractère délictuel des actes de Cédric Herrou, soulignent que «la non-assistance à personne en danger n'en est pas moins un délit». «Le problème, c'est de savoir si cette loi devrait ou non exister», juge un passant. Pour d'autres enfin, c'est l'inutilité de la condamnation qui est en cause. «On a autre chose à faire que de condamner quelqu'un qui fait rentrer des migrants alors qu'il y en a plein qui passent», estime un Parisien interrogé par RT.

Réactions mitigées des habitants de Breil-sur-Roya

Dans le village de Breil-sur-Roya, dans les Alpes-Maritimes, où Cédric Herrou est installé, le son de cloche est légèrement différent. La plupart des habitants du village limitrophe de l'Italie s'accordent sur la complexité du problème, au croisement entre «une démarche humaine», pour lesquels la plupart ont de la compréhension, et le respect de la loi. «Je ne crois pas qu'il y ait une défaillance de l'Etat [comme l'affirme Cédric Herrou], si défaillance il y a, c'est au niveau du contrôlé à la frontière», estime un habitant.

D'une manière générale, les personnes que RT a rencontrées sur place n'en restent pas à la seule question du jugement prononcé contre Cédric Herrou. «Si on accueille les migrants, on doit le faire dans de bonnes conditions», juge une habitante. Un autre Breillois, tout en s'émouvant de «la misère» dans laquelle vivent les migrants, ne cache pas son amertume : «On leur a construit 35 000 places, moi, j'ai eu une vie dure, on ne m'a jamais aidé.»

La frontière franco-italienne est soumise à une très forte pression migratoire depuis le début de la crise, en 2015. Cette situation ne manque pas d'exaspérer les riverains quel que soit le côté où ils vivent. Environ 300 personnes avaent manifesté, le 9 août, devant la mairie de Vintimille, ville italienne faisant face à Menton, pour protester contre l'afflux de migrants dans leur ville. Ces derniers s'agglutinent à la frontière afin d'essayer de passer en France. 

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