France

«Pas de leçon, Judas !» : Marine Le Pen recadre Gérald Darmanin, ministre LR macron-compatible

Le ministre de l'Action et des comptes publics ayant tancé les députés Les Républicains pour avoir applaudi un autre député frontiste, Marine Le Pen a donné de la voix pour lui rappeler son ralliement et son entrée au gouvernement d'Edouard Philippe.

Ceux qui craignaient que la domination écrasante de La République en marche (LREM) à l'Assemblée nationale se traduise par un calme plat dans l'hémicycle peuvent se rassurer. Marine Le Pen, député Front national (FN), et le ministre de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, se sont vivement interpellés ce 13 juillet 2017. «Pas de leçon de morale, Judas !», a ainsi lancé la présidente du FN depuis sa place à Gérald Darmanin, lequel s'exprimait au micro, au pied du perchoir de l'Assemblée. «A la différence de vous, madame Le Pen, Judas restera dans l'Histoire», a alors rétorqué le ministre du tac au tac. Une réponse qui, à y réfléchir à deux fois, laisse toutefois perplexe.

Le clash a débuté quand Gérald Darmanin a réagi à des applaudissements venus des rangs du Front national. Ces derniers manifestaient leur soutien à une sortie musclée du député LR Fabien Di Filippo contre la mise en place du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu. «Il était un temps pas si éloigné où quand on siégeait sur [les bancs des Républicains], c'était une honte de se faire applaudir par le Front national», a alors lancé le ministre macroniste Gérald Darmanin, dans le but de moucher ses collègues LR.

S'il est vrai que l'élection d'Emmanuel Macron, puis les législatives, ont largement rebattu les cartes du paysage politique français, il est bon de se souvenir qu'on vient toujours de quelque part. C'est le cas de Gérald Darmanin, naguère qualifié d'«étoile montante» des Républicains, et qui a rejoint le gouvernement d'Edouard Philippe – un autre macron-compatible, issu des mêmes rangs. Le 11 juillet dernier, Gérald Darmanin, ainsi que cinq autres membres des Républicains, ont été suspendus de leurs fonctions exécutives au sein du parti de droite, en attendant une éventuelle décision d'exclusion en septembre 2017.

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