France

Une association de pieds-noirs porte plainte contre Macron pour sa déclaration sur la colonisation

Le Cercle algérianiste national – une association de pieds-noirs – a déposé une plainte pour «injure» contre Emmanuel Macron, candidat d'En Marche ! à la présidentielle. Il avait qualifié la colonisation française de «crime contre l'humanité».

«Les propos d'Emmanuel Macron ont bouleversé, écœuré, blessé d'innombrables Français d'Algérie et de Harkis. J'ai reçu des milliers de mails. Il y a une véritable colère», a expliqué Thierry Rolando, président du Cercle algérianiste national, qui revendique 10 000 adhérents. Lundi 27 février, le président de l'association de pieds-noirs, ces Français originaire d'Algérie, et son avocat ont annoncé que cette dernière venait de déposer plainte pour «injure» contre le leader du mouvement En Marche !, à Perpignan.

«En parlant, à Alger, un lieu symbolique, de crime contre l'humanité, cela veut dire que les pieds-noirs, les Harkis sont finalement des agents de ce crime contre l'humanité. 25 000 pieds-noirs ont été tués dans la guerre contre les nazis. Et, s'il y a crime contre l'humanité, comment considérer le massacre de 100 000 Harkis ? Il faut que chacun fasse le chemin de vérité. Il ne doit pas y avoir de repentance à sens unique», a-t-il fait valoir. 

L'ancien ministre de l'Economie avait déclaré dans un entretien sur la chaîne privée algérienne, Echourouk News, lors de son voyage en Algérie à la mi-février : «La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c'est un crime contre l'humanité, c'est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant aussi nos excuses à l'égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes.»

Macron aux pieds-noirs : «Je vous ai compris !»

Quelques jours plus tard, sans revenir sur sa position, Emmanuel Macron s'était dit «désolé» d'avoir «blessé» certaines personnes. Et au lieu de «crime contre l'humanité», il avait parlé de «crime contre l'humain». «Je le dis aujourd'hui, à chacun et chacune dans vos conditions, dans vos histoires, dans vos traumatismes, parce que je veux être président, je vous ai compris et je vous aime», avait déclaré le candidat, paraphrasant le général de Gaulle à Alger en 1958, s'adressant aux pieds-noirs et aux anciens combattants.

Ces précisions n'ont pas empêché certains pieds-noirs d'exprimer leur mécontentement en manifestant à l'occasion des déplacements de campagne d'Emmanuel Macron dans la sud de la France.

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