À sept mois de la fin de son mandat, le chef de l’État a tenté le 24 septembre au soir de reprendre la main sur l’actualité brûlante. Face à Gilles Bouleau et Caroline Roux, il a multiplié les annonces et les mises en garde, tout en refusant de céder aux « pressions » sur le pouvoir d’achat.
Carburants et diplomatie plutôt que baisse des taxes
Emmanuel Macron a assuré que la France « fait tout pour éviter » les pénuries de carburants, de gaz et de fioul, promettant un approvisionnement garanti « d’ici à la fin de l’année ».
Il a privilégié l’action diplomatique et militaire pour faire baisser les prix à la source, plutôt qu’une baisse des taxes jugée « démagogique » et coûteuse. « Notre intérêt, c’est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes », a-t-il martelé, tout en n’excluant rien « en fonction de l’évolution ».
Pour y parvenir, il a annoncé l’envoi de « moyens militaires » : soldats, radars et systèmes de défense, afin de protéger le site stratégique de Yanbu, en Arabie saoudite, sur la mer Rouge.
L’objectif affiché : sécuriser l’acheminement de pétrole sans engager la France dans un conflit. Cette décision a immédiatement provoqué des critiques. Sur X, Jean-Luc Mélenchon a écrit : « Des troupes en Arabie saoudite, c’est s’installer sur un théâtre de guerre. Si la base est frappée, que ferons-nous ? Pas question de devenir belligérant. Donc l’Assemblée doit voter sur le sujet. Article 35 de la Constitution ».
Dominique de Villepin a quant à lui mis en garde contre le risque de se retrouver « au milieu d’une guerre ». Le président Macron s’est montré moins offensif sur l’Ukraine affirmant même ne pas vouloir « participer à l’escalade » contredisant ainsi ses précédentes prises de parole belliqueuses.
Le Rassemblement national a de son côté accusé le président d’être « déconnecté » face à des prix records à la pompe. Sur BFMTV, le vice-président du RN Sébastien Chenu s’est, lui, opposé à l’envoi de troupes en Arabie Saoudite et a soutenu : « il faut des politiques qui soient, non seulement ambitieuses, mais pérennes ».
Manuel Bompard (LFI) a parlé de « mensonges » sur TotalEnergies, salué par Macron comme « patriote » alors que la gauche est toujours vent debout contre le groupe énergétique français, première entreprise du pays. Sur la Russie, Emmanuel Macron a estimé qu’une attaque de drones contre la France « pourrait arriver », citant l’incident très incertain de Leipzig. Il a écarté toute nouvelle dissolution et gardé le flou sur un éventuel soutien en 2027, appelant les candidats à « ne pas s’affranchir du réel ».