France

La France en crise : la fuite des cerveaux s’accélère

Selon un baromètre Syntec-Ipsos publié ce 24 septembre, la proportion d’ingénieurs formés en France quittant le pays augmente. La hausse de ces «expatriations» concerne principalement des individus en cours de carrière tandis que la proportion de jeunes diplômés débutant leur vie professionnelle à l’étranger reste stable.

« 15 % des ingénieurs en activité, soit 150 000 personnes, travaillaient à l’étranger fin 2024, contre 13 % en 2023 et moins de 12 % en 2022 », indique le dernier baromètre Ipsos BVA pour la fédération Syntec, publié ce 24 septembre. L’étude fait état d’une « propension à une expatriation durable » qui « s’amplifie en cours de carrière ».

Si les départs massifs à la sortie des écoles ne sont pas observés, « c’est en cours de carrière que les talents partent chercher les opportunités qu’ils ne trouvent pas ou plus en France », souligne l’auteur de l’étude. La proportion de jeunes ingénieurs débutant leur carrière à l’étranger demeure, en effet, « stable », autour de 9 %.

Les motivations économiques figurent au premier rang des raisons invoquées par les ingénieurs envisageant de s’expatrier. Parmi eux, 43 % déclarent qu’une augmentation de leurs revenus pourrait les inciter à rester en France, une proportion en hausse de sept points sur un an.

Étudiants étrangers formés en France : l’Allemagne parmi les principaux bénéficiaires

L’amélioration des perspectives de carrière arrive en deuxième position, citée par 37 % des répondants, soit une progression de six points par rapport à 2025. La baisse de la fiscalité complète ce trio de tête, avec 32 % des réponses, en hausse d’un point. « Seuls 13 % de ceux qui envisagent de partir le feraient parce qu’ils "ne veulent plus vivre en France" », peut-on encore lire.

Quant aux étudiants étrangers formés en France, ils « partent davantage que les Français », souligne le baromètre. Cinq ans après leur arrivée, seul un tiers d’entre eux demeurerait dans l’Hexagone. « La France finance des formations dont d’autres pays récoltent les fruits », pointe du doigt l’auteur de l’étude, qui estime à « près de 2 milliards d’euros par promotion expatriée » le « coût pour les finances publiques », au seul titre des dépenses de formation prises en charge par les pouvoirs publics dans l’enseignement supérieur.

Par ailleurs, les résultats du baromètre mettent en évidence un recul de l’attractivité de la France, pourtant cheval de bataille d’Emmanuel Macron au cours de ses deux mandats. « Dans cette compétition » pour attirer les cerveaux, « la France recule : 8ᵉ pays d’accueil des étudiants internationaux, notre pays a perdu deux places en cinq ans », souligne l’étude. Ce recul intervient alors même que le nombre d’étudiants « en mobilité diplômante dans le monde » bondi de 17 % en cinq ans.