La France entend-elle reprendre au Danemark sa place de championne du monde des impôts et cotisations ?
Renvoyant à la récente interview du Premier ministre Sébastien Lecornu dans Le Figaro, où celui-ci affirmait que «nous n’augmenterons pas les impôts», le quotidien Les Échos a rapporté ce 19 septembre que selon des chiffres transmis au Haut Conseil des finances publiques (HCFP) par Bercy, le taux des prélèvements obligatoires dans l’Hexagone pourrait peser pour près de 44,2% du PIB, contre 43,9% cette année.
« Cela représente une hausse d'environ 9 milliards d'euros en valeur absolue », ont vulgarisé les auteurs de l’article, qui ont au passage rappelé que Sébastien Lecornu avait annoncé vouloir abaisser la surtaxe sur les bénéfices des grands groupes.
Le taux des prélèvements en France est « techniquement en légère hausse », a admis le ministère de l'Économie et des Finances auprès du quotidien, évoquant une coupe dans les niches fiscales et un durcissement de la lutte contre la fraude. Bercy s’est toutefois défendu de toute « hausse générale des impôts », arguant qu’en l’état il n’est pas prévu de hausse de la TVA ou de gel du barème de l’impôt sur le revenu.
La France en passe d’être étouffée par sa dette ?
En tête de la liste des bénéficiaires de niches fiscales, pressentis pour passer à la caisse, figurent les retraités. Leur abattement de 10 % est sur la sellette, Bercy espérant récupérer 1,4 milliard d’euros par an. Même tendance concernant l'exonération des indemnités d'arrêts de travail, où l’État escompterait encaisser entre 600 et 700 millions d’euros annuels, selon le quotidien qui a également rappelé le gel de l’allégement des charges.
Dans sa longue interview au Figaro, en date du 17 septembre, le Premier ministre français, dont le pays est en proie à un déficit chronique depuis un demi-siècle et une dette publique dépassant les 3 500 milliards d’euros, avait notamment souligné que la « charge » de cette dernière – à savoir le paiement de ses seuls intérêts – allait nécessiter 10 milliards d’euros supplémentaires en 2027.
Déclaration faite alors que le « spread », ou l’écart de taux entre la France et l’Allemagne – qui fait office de référence en Europe – ne cesse de battre des records.