France

Primaire sociale-démocrate en France : au premier débat, les candidats s’écharpent sur l’alliance avec LFI

Lors de leur première confrontation télévisée sur LCI, les cinq candidats de la primaire sociale-démocrate ont globalement convergé sur l’économie et le social, avant de s’affronter vivement sur Gaza et surtout sur d’éventuelles alliances avec La France insoumise.

Le 23 septembre au soir, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont débattu plus de trois heures face à un panel de Français. Si les propositions sur le pouvoir d’achat ou le Smic ont fait consensus, la stratégie face à LFI a électrisé la fin de soirée.

Gaza, Ukraine puis LFI : les points de friction

Sur le conflit israélo-palestinien, Olivier Faure a défendu l’emploi du terme « génocide » pour qualifier la situation à Gaza, estimant qu’il fallait ce poids pour faire cesser le « massacre ».

Raphaël Glucksmann a quant à lui été très gêné par l'usage du terme « génocide » et préféré parler de « crimes contre l’humanité » et de « crimes de guerre ».

Ségolène Royal, en appelant à davantage de « voix israéliennes et juives » pour dénoncer le gouvernement Netanyahou, a suscité l’indignation de Jérôme Guedj, qui l’a accusée d’« essentialiser » les Français juifs.

Les tensions ont aussi porté sur l'Ukraine, où Ségolène Royal a plaidé pour la « négociation » et la « médiation », s'attirant des critiques notamment de Raphaël Glucksmann, favorable à une confrontation directe avec la Russie.

C’est toutefois la question des alliances avec LFI qui a fait monter la température.

Jérôme Guedj a dénoncé la « soumission » d’Olivier Faure aux insoumis, tandis que Raphaël Glucksmann a tranché : « Il n'y aura pas d'accord à la présidentielle avec les insoumis, ni aux législatives. ».

Ségolène Royal et Olivier Faure ont répliqué en appelant à ne pas « cracher sur le reste de la gauche » et à se rassembler face à « l’extrême droite ».

Cette polarisation entre candidats hostiles à LFI et candidats anti-Mélenchon a suscité le plus de tension sur le plateau. Le 24 septembre, au lendemain du débat, le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko a commenté : « Il y a ceux qui sont dans la stratégie « tout sauf LFI », et ceux un peu plus responsables ; j'espère qu'ils sauront se démarquer très rapidement. ». 

Pour l’heure tous les candidats se sont engagés à se ranger derrière le vainqueur de la primaire. En 2017, le candidat Manuel Valls n’avait finalement pas tenu parole, choisissant de soutenir Emmanuel Macron au lieu de Benoît Hamon. Le premier tour de la primaire sociale-démocrate est prévu les 9 et 10 octobre.