À la veille d’un scrutin historique, le chef de l’État sud-soudanais a mis fin au gouvernement issu de l’accord de paix de 2018. Tous les vice-présidents, ministres et administrateurs locaux ont vu leur mandat suspendu, tandis que les assemblées ont été dissoutes.
Un contexte fragile et des conditions non remplies
Selon le décret présidentiel diffusé par la télévision nationale, les forces de sécurité et le pouvoir judiciaire restent opérationnels. « Le président en exercice demeure en fonction […] jusqu’à ce que le prochain président élu entre en fonctions », précise le texte.
En tout, cinq vice-présidents, l'ensemble des ministres et vice-ministres, ainsi que les gouverneurs et vice-gouverneurs des dix États ont été relevés de leurs fonctions.
Salva Kiir, candidat probable, avait promulgué la veille une loi électorale lui permettant de rester au pouvoir pendant la période électorale et de se passer de Constitution permanente ou de recensement national. Plusieurs analystes s’alarment. L’analyste Machot Amuom évoque de nombreuses « zones d’ombre » et craint que le scrutin puisse être encore reporté.
Michael Wani, avocat, dénonce pour sa part : « tout ce qui s'est passé hier était anticonstitutionnel, nul et non avenu. »
L’accord de 2018 n’a pas été pleinement appliqué : pas d’unification des armées, pas de recensement, pas d’enregistrement des électeurs. Riek Machar, ancien vice-président, est en résidence surveillée depuis 2025. Pour garantir le bon déroulement des élections, un important dispositif de sécurité a été déployé à Juba alors que le mois de juillet a été marqué par une escalade de violences.