France

Flambée des prix à la pompe : la situation «nous échappe complètement», avoue Michel-Édouard Leclerc

Alors qu’Emmanuel Macron a convoqué les chefs de partis politiques ce 18 septembre, sur fond d’envolée des prix des carburants dopée par la guerre contre l’Iran et les frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes, Michel-Édouard Leclerc a reconnu que «personne» ne s’attendait à une telle situation en France.

« Personne, vraiment, ne croyait qu’on allait atteindre des niveaux de dépenses » pour les carburants « comme aujourd’hui », a déclaré, le 17 septembre sur BFM Business, Michel-Édouard Leclerc, interrogé sur les propos d’Emmanuel Macron, qui a qualifié les prix des carburants de « devenus insupportables ».

« C’est vrai qu’aujourd’hui, ce n’est pas dans la distribution que vous allez trouver la capacité de faire baisser les prix », a poursuivi le patron du groupe E.Leclerc, après avoir taclé la politique de plafonnement des prix de TotalEnergies et rappelé que la crise du détroit d’Ormuz échappait au contrôle du gouvernement français. « Donc, en fait, aujourd’hui, ça nous échappe complètement », a-t-il conclu.

La flambée n’épargne pas les autres pays européens. En Suisse, le diesel a battu un record historique, a relayé ce 18 septembre la presse helvétique qui — contrairement à une partie des médias français — n’hésite pas à pointer du doigt les attaques ukrainiennes menées contre les installations pétrolières russes ces dernières semaines.

« Monsieur Zelensky n'a qu'une chose à faire. Il doit arrêter de frapper le diesel en Russie. Qu'il s'en prenne à des cibles, mais pas au diesel, parce qu'il provoque une pénurie de diesel », avait déclaré Donald Trump le 13 septembre, alors que le prix du diesel aux États-Unis a dépassé pour la première fois les 6 dollars le gallon.

L’affolement des cours de l’or noir, avec également la prise de contrôle par les Houthis de la côte de la mer Rouge et leurs frappes contre les installations saoudiennes, alimentent désormais les inquiétudes en France. La perspective d’une nouvelle hausse durable des prix à la pompe fait redouter à la classe politico-médiatique française une résurgence du mouvement des Gilets jaunes.