Ce mercredi 2 septembre, le rendement de l’obligation française à 10 ans a franchi un nouveau seuil symbolique en s’établissant à 4,27 %. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis la crise financière de 2008. Paris se retrouve ainsi isolée au sein de la zone euro, où les investisseurs la jugent désormais plus risquée que la Grèce, dont le taux s’élève à 4,07 %.
Un coût de la dette qui s’envole
Cette flambée reflète la perte de confiance des marchés dans la capacité de la France à redresser ses comptes publics. Deuxième économie de l’Union européenne, l’Hexagone affiche le déficit le plus élevé de la zone euro, sans perspective claire d’amélioration pour 2027. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a récemment reconnu que l’objectif se limitait à passer sous la barre des 5 %. Sur les réseaux sociaux, la publication des premiers chiffres avait déjà inquiété dès le 1er septembre.
Dans un autre message, l’économiste Eric Verhaeghe a souligné que « le rendement de l’OAT est au plus haut depuis 2008 » tout en rappelant que le spread avec l’Allemagne restait pour l’instant stable. La hausse des taux alourdit mécaniquement la charge de la dette.
Fin juin, le ministre de l’Économie Roland Lescure estimait déjà que les intérêts devaient atteindre 64 milliards d’euros en 2026. Avec le passage au-dessus des 4 %, cette facture devrait encore grimper dans un contexte de baisse des prévisions de croissance dans le pays.
Les conséquences se font déjà sentir auprès des ménages : selon le courtier Cafpi, les taux moyens des crédits immobiliers ont progressé en août, atteignant 3,23 % sur 15 ans, 3,43 % sur 20 ans et 3,53 % sur 25 ans.
Dans un contexte d’Assemblée nationale sans majorité absolue et de campagne présidentielle déjà en marche, la préparation du budget 2027 s’annonce particulièrement délicate.