France

Budget 2027 : Matignon esquisse des économies ciblées sans hausse d’impôts

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a tracé les premières lignes du budget 2027 : pas de hausse d’impôts, des dépenses de l’État progressant moins vite que l’inflation et une possible contribution des retraités aisés, le tout dans un texte réversible après l’élection présidentielle.

À quelques mois de l’élection présidentielle, Sébastien Lecornu prépare un budget 2027 volontairement « réversible », sans hausse d’impôts et centré sur la maîtrise des dépenses. Le locataire de Matignon affirme « préférer cinquante petites décisions efficaces et intelligentes à trois ou quatre grandes spectaculaires ».

Le Premier ministre écarte toute augmentation d’impôts, estimant que « nos problèmes sont d’abord des problèmes de dépenses ». L’impôt sur les sociétés restera stable et la surtaxe sur les très grandes entreprises pourrait être revue à la baisse. Les niches fiscales, comme le crédit d’impôt recherche et le pacte Dutreil sont préservées.

Les dépenses de l’État augmenteront, « mais moins que l’inflation ». Certains ministères seront prioritaires : + 6,4 milliards d’euros pour les Armées, + 1,1 milliard pour la Transition écologique, + 800 millions pour l’Éducation nationale, + 600 millions pour l’Intérieur, + 500 millions pour l’Enseignement supérieur et la Recherche et + 400 millions pour la Justice.

Le 29 août, le Premier ministre avait mis en garde : « L’absence de budget nous mènerait à une incertitude politique et financière que nous ne saurions pas gérer. »

Les collectivités verront leurs dépenses de fonctionnement progresser au rythme de l’inflation.

Les finances sociales, elles, resteront « mécaniquement au-dessus de l’inflation » en raison du vieillissement de la population. « On ne peut pas demander uniquement à ceux qui travaillent de payer tous les effets du vieillissement de la population », martèle Sébastien Lecornu.

Face à ces pistes, la CGT appelle déjà à une grève des fonctionnaires le 29 septembre pour s’opposer à un budget jugé « régressif », comme l’a exprimé sa secrétaire générale, Sophie Binet.

Une désindexation des pensions au-delà d’un certain montant ou la suppression de l’abattement forfaitaire de 10 % pour les retraités sont sur la table.

Côté santé, des « efforts de bonne gestion » sont annoncés pour l’Assurance-maladie, avec une « vraie réforme » des arrêts de travail négociée avec les partenaires sociaux et une « règle d’or » pour le remboursement des médicaments : maintenir le remboursement de ceux qui apportent un progrès majeur et réexaminer celui des traitements au bénéfice faible. Aucune économie n’est prévue sur la complémentaire santé solidaire ni sur le RSA.

Le déficit 2027 ne devra pas être « pire que celui de 2025 », soit 5,1 % du PIB.